mercredi 26 août 2015

Hear our prayer/Ecoute nos prières

"S'il te plaît, aies des pouvoirs magiques pour nous faire revivre alive après la mort, pas au ciel mais alive, parce que moi j'aime beaucoup ma family et je veux être toujours avec elle.
Ah oui et puis aussi s'il te plaît fais que je meure quand JE veux."

Prière spontanée à Jésus de ma troisième, 4 ans et demi, ce soir.

Je crois qu'on naît métaphysique. Ce soir, j'ai 4 ans et demi.


jeudi 20 août 2015

Monkey minding: it's aaaallll good/ un singe dans la tête: keep cool

Aujourd'hui, comme tous les jours ou presque quand je suis à la maison, je me suis assise sur mon coussin de méditation marron, lui-même posé sur le tapis de yoga rose, pour un moment de méditation (12 minutes - je recommande l'App I-Qi).


Le lieu du crime. Au soleil, toujours

Or doncques, la méditation (version moderne, occidentalisée et a-religieuse: mindfulness) c'est une pratique d'immobilité et d'observation, soit du monde extérieur (bruits, odeurs, mouvements), soit du monde intérieur (sensations physiques, body scan par exemple), soit du monde intérieur intérieur (pensées, souvenirs, projections, flips et autres soubresauts du cortex).
Rappelons que l'intention n'est pas, comme trop de gens le pensent, de ne pas avoir de pensées. Ca c'est la version hard core de la pratique, l'apnée du cerveau; très peu pour moi, éternelle débutante. Non, l'intention, c'est l'attention portée et gardée sur ce à quoi on a décidé d'être présent pendant un temps donné, c'est tout.

Vous décrire ces 12 minutes tient du challenge. Je vais quand même essayer, avec en arrière-pensée la question amusante et légèrement inquiète de certains amis qui savent que je m'astreins quotidiennement à cet exercice depuis quelques années: "Et tu fais des progrès? "...

Donc ce matin, armée des meilleurs intentions du monde, j'ai observé mon singe privé passer par le dernier message Facebook envoyé à un ami et qu'il pourrait avoir mal interprété (Facebook, je te hais, Facebook, je t'adore), la bombe à Bangkok, les recherches à faire pour le petit zoo qu'on ira peut-être voir cet après-midi avec les kids, l'idée germinante de ce post, et la question qui suit, vais-je écrire le post au lieu de travailler, l'angoisse de constater que si je n'écris pas dans la foulée ce post n'a aucune chance de voir le jour, l'aiguillon du doute mais de toute façon franchement qui se soucie de ce post, retour à mes problèmes de nounou introuvable encore, exploration brève côté bruits de la rue, prière express pour mon voisin juste diagnostiqué d'un cancer a priori soignable, intention non suivie d'action de ressortir mes carnets d'introspection constructive car aujourd'hui il y a du lourd, évocation de ma copine allemande qui en est à sa troisième carte postale sans réponse de ma part, passage en revue du nombre d'emails étoilés dans mon inbox, angoisse que ma fille de 9 ans devienne anorexique vue la réflexion bizarre qu'elle m'a faite au petit déjeuner, félicitation intérieure pour avoir réagi posément à ladite réflexion, remords de dépenser trop d'argent, impatience que les 12 minutes soient écoulées, pensée pour une Amie, toujours, sentiment fugace d'insécurité, et si le Big One était pour maintenant, comment je me lèverais alors que j'ai toujours de terribles fourmis dans les jambes après ma méditation, temptation irrésistible de saisir l'Iphone et de regarder le nombre de minutes qu'il me reste, ohalala 49 secondes, décision éclair d'en faire le max, là, maintenant,


et plongée volontaire, délicieuse, successful, à l'intérieur de mon moi,
ressenti d'un ascenseur tubulaire (allez savoir pourquoi tubulaire) qui s'enfonce dans le noir, un noir non anxiogène,
arrivée à un endroit où enfin, je me réhabite, je me repossède, je me reconnais. Gratitude. Et gong.
Tentation de dévoyer "Amen".

***


PS: l'insight dans l'insight d'aujourd'hui: j'aime les répétitions, les reformulations (comme là, par exemple, juste là vous voyez), je ne peux pas m'en empêcher en fait. J'aime les listes, les juxtapositions, les points de suspension... Je dois redoubler, mettre double voire triple dose. Même en travaillant, c'est mon mode par défaut. Alors que l'un des conseils de base de toute formation de coach est de ne pas reformuler nos questions, de laisser le client se décarcasser avec le premier jet, même s'il est bancal, boiteux, maladroit, abscons (et toc), je ne peux juste pas, j'en rajoute toujours une petite couche. Je pose toujours deux questions, enchâssées. Aujourd'hui je me dis que peut-être je devrais juste accepter cet état de fait et passer à un autre marmonnage intérieur? Ca donnera un coup de jeune à ma méditation de demain...

samedi 15 août 2015

Le beurre, l'argent du beurre et un souvenir de la crémière/I want it all

C'est bientôt la rentrée.
La seule réelle pour moi et sans doute pour les cohortes de parents dont la vie est rythmée par le calendrier mode gruyère des années scolaires.
Ma rentrée à moi est toujours l'occasion de prendre de super résolutions. Je me sens pleine d'énergie, tellement mûre, sage, inspirée... J'y vois tellement clair, comment, mais comment pourrais-je retomber dans les mêmes erreurs ou habitudes desservantes que l'année dernière?  Je vais être une super maman, ne jamais m'énerver, travailler beau et bien, impacter du monde et faire rentrer des vrais sous, être présente pour les copains, m'habiller plus sexy et moins tomber comme une vieille chiffe molle à 21h, arrêter le sucre, faire du sport deux fois par semaine, ne jamais plus éclater un bouton et arrêter de mettre certaines fringues du siècle passé, écrire souvent ici pour reconnecter avec tous ces gens blessés, meurtris, perdus sans moâ...
Yes I can, Yes I will!

Aujourd'hui je me prends à rêvasser, muser comme disent les Américains, sur cette expression délicieusement triviale: vouloir le beurre, l'argent du beurre et ... là le bât blesse, mais enfin, repartir avec un petit quelque chose de la crémière - ou du crémier, cela se fait bien. Aux Etats-Unis, cette expression se traduit par "You can't have your cake and eat it, too", ce qui, je l'avoue franchement, m'est impénétrable, car enfin, c'est quotidiennement que je vois des Américains gober des gâteaux qu'ils possèdent, rien d'impossible à cela. Une autre expression pour traduire la même idée: to want it all, me parle bien plus.

Je suis pour tout vouloir, moi. Simplement parce qu'on parle bien de vouloir et non pas d'obtenir. C'est l'énergie et l'intention qui comptent plus, et il me semble évident que si on s'autorise à vouloir beaucoup, on atteindra toujours bien plus que si on avait réglé les compteurs sur raisonnable au départ.
Souvent je trouve cette gêne, chez mes clients, plus souvent mes clientes, à vouloir trop, comme si ce n'était pas poli, pas joli. Foutaises. You want it all and it's ok to want it all. Tant qu'on utilise la puissance de ce désir, non pas pour nous mortifier dans l'envie et la frustration, mais pour rester en action et tendre vers ce à quoi nous aspirons (et qui est le plus souvent bien au-delà de notre propre nombril, le contraire de trivial en fait), c'est bueno, d'après moi.