vendredi 9 janvier 2015

I am Charlie / Je suis Charlie

Cette nuit, insomnie à 4h du matin, et ce n'est que là que cela m'a frappé, que j'ai compris: elle a dit "his name is Charlie."

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La veille (hier) en fin d'après-midi, j'étais en session 1 avec une toute nouvelle cliente. Une femme à qui j'aurais dû parler la veille, en fait, et qui avait gentiment accepté de remettre d'un jour notre appel, histoire que je me remette des news de Paris, et que je décroche de Facebook (saleté, ce truc pfff...) et du Monde.fr (trop de puuuuub).
En session 1 et 2, on découvre le client, on se met d'accord sur les modalités du coaching, on reformule les objectifs, on aperçoit déjà du croustillant, des valeurs cardinales ou des salopards de saboteurs, on s'équipe d'outils dont on se resservira sans arrêt par la suite. On rit, on apprend, on agit, déjà.
Cette cliente-là, son fil rouge, son ambition, c'est d'être le plus souvent possible son "best self", au bureau, notamment. Chacun définit son best self différemment, hein, pour elle, c'est d'être en mesure de dire haut et fort ce qu'elle pense, même à son management, pour le bien de son équipe et de sa boîte. C'est de trouver sa voix, de compter, de peser, sans pour autant perdre son âme ni jouer une pièce. Mmmhhh, j'aime, ça fleure bon le leadership authentique. Let's get to work
Or doncques, "best self" revenait si souvent que j'ai fini par lui proposer un exercice de visualisation où le client est guidé pendant 2 ou 3 minutes dans une sorte de méditation ultra simple qui débouche sur un dialogue avec son "capitaine", c'est à dire son "best self", "future self", "sage intérieur", "board director", comme on veut, en fait, ce qui parle le plus au client, mais la version de soi qui sait, qui peut, qui est non limitée, qui dirige le bateau d'une main ferme et bienveillante, si tant est qu'on lui en confie le cours.

Moi d'habitude, j'attends un chouia pour les visualisations. J'ai toujours peur que les mecs me prennent pour une illuminée et refusent de jouer. Alors qu'en fait, cela n'arrive jamais. Hier encore, ma cliente a totalement accepté de jouer, d'expérimenter, et j'ai clairement perçu que non seulement elle jouait le jeu mais qu'elle rencontrait vraiment quelqu'un et apprenait quelque chose. 

Parmi les questions que le client pose, par le truchement du coach, au Capitaine, pendant la visualisation, il y a "Que souhaites-tu pour moi? " "Comment puis-je avoir accès à toi?" "Comment t'appelles-tu? ". 
L'idée est que le client fasse de cette personne (de cette partie de lui-même) un contact dans son carnet d'adresses, un allié mobilisable à toute heure, qu'il puisse l'inviter dans sa vie plus fréquemment et bénéficier de sa connaissance, de sa sagesse. 

Or doncques, il s'appelait Charlie. 

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Quand j'ai moi-même fait l'expérience de cette visualisation, lors de ma formation, j'ai rencontré un homme ultra planté (ses jambes ressemblent à un tronc, en fait) qui m'a dit s'appeler Big Man. Sa qualité première est la sérénité, à toute épreuve. Son ancrage est si profond que rien ne le secoue trop fort. Archi crédible: j'ai toujours su qu'en plus d'être ultra flippée, j'étais aussi giga sereine. No kiddin'. 
Croyez-moi ou pas, quand ça tangue et que j'arrive à me souvenir de Big Man, de convoquer cette partie de moi: "ohé, Big Man, tu viendrais pas faire un tour-là steupl", ça tangue moins, ça s'arrête parfois et ce que je vois c'est que je peux, que je vais. Point barre. 

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Que donnerait le monde si on se baladait tous en meilleure version de nous-même, en best selves hyper sexys avec des jambes-troncs? version XXL, version big man, version giga musclée? 


Je triche, je l'ai collé au-dessus de ma table de nuit.