vendredi 13 novembre 2015

Friends: oh yes, I do remember!

Je me suis inscrite aux challenges inspirants de Christie Vanbremeersch. Christie est l'auteur du blog www.mavissansmoi.com que j'ai déjà eu l'occasion de louer ici.
J'aime bien ce qu'elle fait, Christie. Je crois qu'elle essaie (nous sommes nombreux) de ne pas avoir besoin de plaire à l'un ou l'autre. Elle essaie d'écrire et d'être qui elle est, juste ça. Je nous crois assez proches pour pénétrer, peut-être imprégner nos galaxies l'une l'autre, et assez différentes pour conserver une distance amusée et curieuse, saine.

Or doncques, le premier challenge est le Challenge Vive les Amis. Je reçois tous les jours un petit mail dans mon inbox avec une citation et un aiguillon à pensée. Aujourd'hui l'aiguillon ne m'a pas lâché, j'adore, pendant toute la douche, tout le petit déjeuner, ça m'a dansé dans la tête:-)

Alors voilà, je l'emprunte et je vous le transmets, et puis après, je joue.

Aujourd'hui, écris tes souvenirs d'amitié sous la forme de 10 je me souviens. 

***

Je me souviens d'Anne-Laure, mon amie de primaire, de sa maman très forte et très rigolote qui nous balançait en l'air et nous chatouillait, et de son papa archi sérieux, par contraste; de mon premier Paris-Brest pour aller la retrouver, en 6ème, après son déménagement; de ma joie lorsque par recoupements, il y a 10 ans, j'ai compris qu'elle était dans le coin, dans notre coin, revenue! de la lettre que j'avais écrite et des numéros de l'avenue de Wagram que j'avais arpentés, pleine d'espoir, à la recherche d'un nom de famille approximatif et particulé. En vain. Je n'ai bazardé la lettre que des années plus tard. Anne-Laure Jeannin, petite. Si jamais...

Je me souviens des sizenières de Saint François de Sales, Bérengère Redier je crois et Geneviève de Montchalin, celle-là j'en suis sûre, son rire explosif, son énergie de Jeannette en folie, mon coeur crashé quand j'ai compris qu'on ne serait pas ensemble aux Guides.

Je me souviens de Potsch, en chemise rose suspectement longue m'accueillant en gare de Toulon, sourire énorme, "je suis enceinte tu sais". J'avais 18 ans et je rendais visite à ma meilleure amie et à son mari. J'ai compris sans comprendre et continué de lentement accepter l'éloignement tectonique des plaques de la vie (ouaip, j'ai envie d'écrire ça), jamais coupé cependant, jamais brisé, le lien.

Je me souviens d'Etienne, les conversations, les déguisements, les bouquins. Le Poche en poche, toujours, le manteau aux chevilles, les cafés dans le 5ème. Le 01 42 26 26 73 encore là 25 piges plus tard, en réflexe, au bout de mes doigts.

Je me souviens de CharlotteetDavina, le trou. Parce que les ruptures amoureuses, on s'y attend, les ruptures amicales, beaucoup moins.

Je me souviens des yeux chavirés d'Agnès, un matin à Courbevoie, son papa qu'on emmenait.

Je me souviens de Mimi, de sa grande jupe jaune du premier jour, de son doux "moi je vais aller à paris 3, tu viens?", du livre qu'on a voulu écrire, de celui qu'on écrit finalement, ce brocard d'une richesse inouïe qu'on exposera peut-être dans plusieurs siècles dans un musée de l'amitié.

Je me souviens de Lolo, rencontrée sur le quai de Cergy-Préfecture, de la colloque et des pâtes en forme de zizi qu'on lui avait offertes à son anniversaire.

Je me souviens de Magali, du lent creusement du sillon de cette amitié adulte et expat', vraiment adulte, c'est différent, jusqu'au moment où je me suis dit tranquillement, ça y est, je crois que j'ai trouvé à qui je vais demander d'être la marraine de mon dernier.

Je me souviens d'Auré et Isa entonnant un chant de louange en plein milieu d'un pic-nic à Lassen, out of nowhere, juste parce que c'était trop beau et trop bon pour ne pas dire merci.

Je me souviens de celles qui sont rentrées et qui vont m'aider à rentrer, hein les filles?

***

10. Déjà. Zut. Merci Christie! Et vous? vous jouez? ça rend tout chose et ça fait tout chaud.


dimanche 8 novembre 2015

Work-kids balance

"Je n'en peux plus de courir après ce foutu équilibre vie pro-vie perso", me lâche ma copine, crevée, à la sortie du cours de yoga. 

Work-life balance, dans le texte. Tout un programme, et qui dissimule pour beaucoup de femmes (beaucoup de celles avec qui j'interagis en tous cas, y compris ma pomme, j'interagis souvent avec ma pomme) le challenge dans le challenge: work-kids balance













Sur le parking, du coup, on a refait ensemble cette petite expérience rebattue que j'ai apprise pendant ma formation de coaching. Allez, on la fait? 

Simplissime: mettez-vous sur une jambe, et voilà. C'est tout. Allez, essayez. On se donne une minute, ok? 
Ne cherchez pas à faire joli avec l'autre jambe, maintenez-la en l'air, point barre. 


La plupart d'entre nous, avec un chouia de concentration, sont parfaitement capables de tenir une minute ou plus sur une seule jambe. Seulement, si vous prenez la peine de vraiment observer et ressentir ce qui se passe pendant ladite minute, en réalité c'est une succession d'ajustements, de rééquilibrages, de déplacements de poids, de pendulationnement avec les bras, ça demande un effort constant! C'est ça, l'équilibre, en fait, c'est une incessante lutte contre le déséquilibre. L'équilibre ça bouge tout le temps, ça ne s'attrape pas, c'est du In and Out perpétuel, à coup de mini changements à droite à gauche. 
Un certain sens de l'humour peut aider, au vu des positions corporelles bizarroides dans lesquelles on peut parfois se retrouver, à vouloir à tout prix éviter de reposer le pied levé. 
La pratique du yoga, également, peut aider, n'est-ce pas, la fameuse tree pose (pose de l'arbre? je n'ai pas pris un cours de yoga en français depuis des années...). Mais ne vous y fiez pas! même le recordman du monde de la tree pose dont je vous mets gracieusement la video ici, ne me remerciez pas, même lui donc n'arrête pas de lutter contre le cassage de gueule, et à la fin, simple humain imparfait qu'il est, ben il pose le pieeeeeed.  

Voilàààààà. C'était la minute philo. Got it? 




PS: J'ai bien conscience que si je voulais exploser mon nombre de lecteurs je devrais mettre une video de moi en train de jouer au flamand rose, là. Je sais. Le vlog, c'est in. Un jour, peut-être...


jeudi 5 novembre 2015

Dwarfisation/ Nanification

L'autre matin mon coco de 2,5 ans a massacré mes lunettes, de vue, sciemment, en me regardant, à 7h15 du matin, un dimanche en plus, juste comme ça, parce que ça plie et rompt, les branches de lunettes.
J'étais très énervée. Même que les larmes me sont montées: je suis myope comme tout, je n'aime pas chausser mes lentilles dès le matin et encore moins être obligée de les porter plusieurs jours consécutifs... Et puis ce sont mes lunettes, sur ma table de nuit, c'est mon dimanche matin, puis-je avoir un peu d'intimitééééééééé à la fin????
Après avoir tancé - vertement- l'enfant, je me suis recouchée. J'ai ouvert Le Monde sur mon dumb phone (tout frais pour vous, la dernière blague over drôle des enfants en elementary school ici: "hey t'as un smart phone ou un dumb phone maman? ". On s'éclate.) Or doncques, je vaque sur l'app, et je choisis un article sur le Soudan. Mes lunettes, le Soudan. Le Soudan, mes lunettes. Nanification immédiate de la lunette. Of course. Tentation violente de haine de soi. Abandon rapide de cette option  au vu qu'elle représente une gigantisation de l'ego, et que l'ego est prié d'aller se faire voir par rapport au Soudan.


L'App fermée, je me lève, et je me bouscule, et je vais prendre le petit déjeuner avec ma famille. Magnanime, j'embrasse comme du bon pain le morveux penaud. Je décide de garder pour moi la nanification soudanaise, mais j'ai quand même envie de placer la journée familiale sous un signe, un signe euh... un signe quoi. Donc je prends le livre de citations que l'on a dans le breakfast nook, et je l'ouvre à la page du jour, le 1er novembre. Et je lis, sans mes lunettes, à ma marmaille tout ouie:

The art of being wise is the art of knowing what to overlook. 





C'est ce livre, by the way. Vraiment bien.




PS: to dwarf, en anglais, intraduisible, sauf par moi, nanifier. J'adore. C'est tellement parlant. Je l'ai entendu utilisé par un entrepreneur à succès devenu papa quelques jours auparavant: "It really dwarfs everything else", avait-il dit au sujet de son petit. It sure does.

dimanche 1 novembre 2015

Fidelity: a new perspective/ Fidélité: une nouvelle perspective

Je viens juste d’écouter un passage de Christophe André expliquant le principe de la méditation de pleine conscience: 
choisir une ancre, la respiration par exemple, observer avec curiosité cet absolu ordinaire, et constater que mille fois, notre esprit nous joue des tours, comme il dit, c’est à dire tourne le dos à notre bonne résolution de concentration et de contemplation pour aller chevaucher la mer agitée des pensées; dès que l’on s’attrape, se ramener doucement et sans jugement à l’intention première, à l’ancre (le jugement c'est un truc du style "je suis nulle en méditation, c’est comme les régimes, la course à pied et séparer le blanc et les couleurs en machine, j’y arrive paaas”; à la place, on essaie un truc du genre "oh tiens, j'ai encore raté. Je recommence, allez". C'est plus bonhomme). Or doncques, c’est dans cet incessant aller et retour entre les pensées et la respiration, que tant d’entre nous prennent comme un échec, que nous sommes justement en plein dans l’exercice de la pleine conscience: remarquer qu’on n’y est plus, y retourner. Rechoisir d'adhérer au maximum au maintenant. And so on and so on… 

L’une des pensées qui s’est incrustée aujourd’hui pendant que je méditais est un souvenir: une phrase du prêtre qui nous a préparés au mariage il y a… passons... et qui nous proposait une définition renouvelée, élargie, transformée de la fidélité: rester quand l’autre part, c’est aussi cela la fidélité. On avait beaucoup aimé (fastoche hein, claro). J’aime toujours beaucoup. Je vois un bilboquet. Ou notre respiration, justement, toujours là pour nous, fidèlissime, symptôme de la vie, point fixe à l'horizon des cabrioles de la pensée qui peuvent si extrêmement la compliquer, la vie. 


La fidélité, c’est aussi, en amitié, une amie allemande de 20 ans, comme dirait l’autre, qui en est à sa troisième lettre manuscrite en 18 mois pour me dire que j’habite toujours ses pensées et sa vie.. 1, 2, 3, sans même demander de réponse. A celle-ci je m’engage à répondre avant ma prochaine entrée ici. 



Et vous, à quoi êtes-vous fidèle? 
indissolublement attaché? 

mercredi 26 août 2015

Hear our prayer/Ecoute nos prières

"S'il te plaît, aies des pouvoirs magiques pour nous faire revivre alive après la mort, pas au ciel mais alive, parce que moi j'aime beaucoup ma family et je veux être toujours avec elle.
Ah oui et puis aussi s'il te plaît fais que je meure quand JE veux."

Prière spontanée à Jésus de ma troisième, 4 ans et demi, ce soir.

Je crois qu'on naît métaphysique. Ce soir, j'ai 4 ans et demi.


jeudi 20 août 2015

Monkey minding: it's aaaallll good/ un singe dans la tête: keep cool

Aujourd'hui, comme tous les jours ou presque quand je suis à la maison, je me suis assise sur mon coussin de méditation marron, lui-même posé sur le tapis de yoga rose, pour un moment de méditation (12 minutes - je recommande l'App I-Qi).


Le lieu du crime. Au soleil, toujours

Or doncques, la méditation (version moderne, occidentalisée et a-religieuse: mindfulness) c'est une pratique d'immobilité et d'observation, soit du monde extérieur (bruits, odeurs, mouvements), soit du monde intérieur (sensations physiques, body scan par exemple), soit du monde intérieur intérieur (pensées, souvenirs, projections, flips et autres soubresauts du cortex).
Rappelons que l'intention n'est pas, comme trop de gens le pensent, de ne pas avoir de pensées. Ca c'est la version hard core de la pratique, l'apnée du cerveau; très peu pour moi, éternelle débutante. Non, l'intention, c'est l'attention portée et gardée sur ce à quoi on a décidé d'être présent pendant un temps donné, c'est tout.

Vous décrire ces 12 minutes tient du challenge. Je vais quand même essayer, avec en arrière-pensée la question amusante et légèrement inquiète de certains amis qui savent que je m'astreins quotidiennement à cet exercice depuis quelques années: "Et tu fais des progrès? "...

Donc ce matin, armée des meilleurs intentions du monde, j'ai observé mon singe privé passer par le dernier message Facebook envoyé à un ami et qu'il pourrait avoir mal interprété (Facebook, je te hais, Facebook, je t'adore), la bombe à Bangkok, les recherches à faire pour le petit zoo qu'on ira peut-être voir cet après-midi avec les kids, l'idée germinante de ce post, et la question qui suit, vais-je écrire le post au lieu de travailler, l'angoisse de constater que si je n'écris pas dans la foulée ce post n'a aucune chance de voir le jour, l'aiguillon du doute mais de toute façon franchement qui se soucie de ce post, retour à mes problèmes de nounou introuvable encore, exploration brève côté bruits de la rue, prière express pour mon voisin juste diagnostiqué d'un cancer a priori soignable, intention non suivie d'action de ressortir mes carnets d'introspection constructive car aujourd'hui il y a du lourd, évocation de ma copine allemande qui en est à sa troisième carte postale sans réponse de ma part, passage en revue du nombre d'emails étoilés dans mon inbox, angoisse que ma fille de 9 ans devienne anorexique vue la réflexion bizarre qu'elle m'a faite au petit déjeuner, félicitation intérieure pour avoir réagi posément à ladite réflexion, remords de dépenser trop d'argent, impatience que les 12 minutes soient écoulées, pensée pour une Amie, toujours, sentiment fugace d'insécurité, et si le Big One était pour maintenant, comment je me lèverais alors que j'ai toujours de terribles fourmis dans les jambes après ma méditation, temptation irrésistible de saisir l'Iphone et de regarder le nombre de minutes qu'il me reste, ohalala 49 secondes, décision éclair d'en faire le max, là, maintenant,


et plongée volontaire, délicieuse, successful, à l'intérieur de mon moi,
ressenti d'un ascenseur tubulaire (allez savoir pourquoi tubulaire) qui s'enfonce dans le noir, un noir non anxiogène,
arrivée à un endroit où enfin, je me réhabite, je me repossède, je me reconnais. Gratitude. Et gong.
Tentation de dévoyer "Amen".

***


PS: l'insight dans l'insight d'aujourd'hui: j'aime les répétitions, les reformulations (comme là, par exemple, juste là vous voyez), je ne peux pas m'en empêcher en fait. J'aime les listes, les juxtapositions, les points de suspension... Je dois redoubler, mettre double voire triple dose. Même en travaillant, c'est mon mode par défaut. Alors que l'un des conseils de base de toute formation de coach est de ne pas reformuler nos questions, de laisser le client se décarcasser avec le premier jet, même s'il est bancal, boiteux, maladroit, abscons (et toc), je ne peux juste pas, j'en rajoute toujours une petite couche. Je pose toujours deux questions, enchâssées. Aujourd'hui je me dis que peut-être je devrais juste accepter cet état de fait et passer à un autre marmonnage intérieur? Ca donnera un coup de jeune à ma méditation de demain...

samedi 15 août 2015

Le beurre, l'argent du beurre et un souvenir de la crémière/I want it all

C'est bientôt la rentrée.
La seule réelle pour moi et sans doute pour les cohortes de parents dont la vie est rythmée par le calendrier mode gruyère des années scolaires.
Ma rentrée à moi est toujours l'occasion de prendre de super résolutions. Je me sens pleine d'énergie, tellement mûre, sage, inspirée... J'y vois tellement clair, comment, mais comment pourrais-je retomber dans les mêmes erreurs ou habitudes desservantes que l'année dernière?  Je vais être une super maman, ne jamais m'énerver, travailler beau et bien, impacter du monde et faire rentrer des vrais sous, être présente pour les copains, m'habiller plus sexy et moins tomber comme une vieille chiffe molle à 21h, arrêter le sucre, faire du sport deux fois par semaine, ne jamais plus éclater un bouton et arrêter de mettre certaines fringues du siècle passé, écrire souvent ici pour reconnecter avec tous ces gens blessés, meurtris, perdus sans moâ...
Yes I can, Yes I will!

Aujourd'hui je me prends à rêvasser, muser comme disent les Américains, sur cette expression délicieusement triviale: vouloir le beurre, l'argent du beurre et ... là le bât blesse, mais enfin, repartir avec un petit quelque chose de la crémière - ou du crémier, cela se fait bien. Aux Etats-Unis, cette expression se traduit par "You can't have your cake and eat it, too", ce qui, je l'avoue franchement, m'est impénétrable, car enfin, c'est quotidiennement que je vois des Américains gober des gâteaux qu'ils possèdent, rien d'impossible à cela. Une autre expression pour traduire la même idée: to want it all, me parle bien plus.

Je suis pour tout vouloir, moi. Simplement parce qu'on parle bien de vouloir et non pas d'obtenir. C'est l'énergie et l'intention qui comptent plus, et il me semble évident que si on s'autorise à vouloir beaucoup, on atteindra toujours bien plus que si on avait réglé les compteurs sur raisonnable au départ.
Souvent je trouve cette gêne, chez mes clients, plus souvent mes clientes, à vouloir trop, comme si ce n'était pas poli, pas joli. Foutaises. You want it all and it's ok to want it all. Tant qu'on utilise la puissance de ce désir, non pas pour nous mortifier dans l'envie et la frustration, mais pour rester en action et tendre vers ce à quoi nous aspirons (et qui est le plus souvent bien au-delà de notre propre nombril, le contraire de trivial en fait), c'est bueno, d'après moi.


vendredi 9 janvier 2015

I am Charlie / Je suis Charlie

Cette nuit, insomnie à 4h du matin, et ce n'est que là que cela m'a frappé, que j'ai compris: elle a dit "his name is Charlie."

*

La veille (hier) en fin d'après-midi, j'étais en session 1 avec une toute nouvelle cliente. Une femme à qui j'aurais dû parler la veille, en fait, et qui avait gentiment accepté de remettre d'un jour notre appel, histoire que je me remette des news de Paris, et que je décroche de Facebook (saleté, ce truc pfff...) et du Monde.fr (trop de puuuuub).
En session 1 et 2, on découvre le client, on se met d'accord sur les modalités du coaching, on reformule les objectifs, on aperçoit déjà du croustillant, des valeurs cardinales ou des salopards de saboteurs, on s'équipe d'outils dont on se resservira sans arrêt par la suite. On rit, on apprend, on agit, déjà.
Cette cliente-là, son fil rouge, son ambition, c'est d'être le plus souvent possible son "best self", au bureau, notamment. Chacun définit son best self différemment, hein, pour elle, c'est d'être en mesure de dire haut et fort ce qu'elle pense, même à son management, pour le bien de son équipe et de sa boîte. C'est de trouver sa voix, de compter, de peser, sans pour autant perdre son âme ni jouer une pièce. Mmmhhh, j'aime, ça fleure bon le leadership authentique. Let's get to work
Or doncques, "best self" revenait si souvent que j'ai fini par lui proposer un exercice de visualisation où le client est guidé pendant 2 ou 3 minutes dans une sorte de méditation ultra simple qui débouche sur un dialogue avec son "capitaine", c'est à dire son "best self", "future self", "sage intérieur", "board director", comme on veut, en fait, ce qui parle le plus au client, mais la version de soi qui sait, qui peut, qui est non limitée, qui dirige le bateau d'une main ferme et bienveillante, si tant est qu'on lui en confie le cours.

Moi d'habitude, j'attends un chouia pour les visualisations. J'ai toujours peur que les mecs me prennent pour une illuminée et refusent de jouer. Alors qu'en fait, cela n'arrive jamais. Hier encore, ma cliente a totalement accepté de jouer, d'expérimenter, et j'ai clairement perçu que non seulement elle jouait le jeu mais qu'elle rencontrait vraiment quelqu'un et apprenait quelque chose. 

Parmi les questions que le client pose, par le truchement du coach, au Capitaine, pendant la visualisation, il y a "Que souhaites-tu pour moi? " "Comment puis-je avoir accès à toi?" "Comment t'appelles-tu? ". 
L'idée est que le client fasse de cette personne (de cette partie de lui-même) un contact dans son carnet d'adresses, un allié mobilisable à toute heure, qu'il puisse l'inviter dans sa vie plus fréquemment et bénéficier de sa connaissance, de sa sagesse. 

Or doncques, il s'appelait Charlie. 

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Quand j'ai moi-même fait l'expérience de cette visualisation, lors de ma formation, j'ai rencontré un homme ultra planté (ses jambes ressemblent à un tronc, en fait) qui m'a dit s'appeler Big Man. Sa qualité première est la sérénité, à toute épreuve. Son ancrage est si profond que rien ne le secoue trop fort. Archi crédible: j'ai toujours su qu'en plus d'être ultra flippée, j'étais aussi giga sereine. No kiddin'. 
Croyez-moi ou pas, quand ça tangue et que j'arrive à me souvenir de Big Man, de convoquer cette partie de moi: "ohé, Big Man, tu viendrais pas faire un tour-là steupl", ça tangue moins, ça s'arrête parfois et ce que je vois c'est que je peux, que je vais. Point barre. 

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Que donnerait le monde si on se baladait tous en meilleure version de nous-même, en best selves hyper sexys avec des jambes-troncs? version XXL, version big man, version giga musclée? 


Je triche, je l'ai collé au-dessus de ma table de nuit.