lundi 29 septembre 2014

A vos virements/Pay pals!

Un tout petit toc toc hier soir, la nuit déjà tombée. Bizarre, d'habitude le porte à porte, témoins de Jéhovah ou autre, c'est plutôt de jour... En ouvrant, voilà ce sur quoi on est tombés: 



7 superbes libellules scintillantes, plantées sur notre petit carré de pelouse (fait soif, oui je sais, mais c'est la sécheresse, on est aware et non négligents!) côté rue, et personne pour revendiquer ce cadeau, rien, juste le silence, l'étonnement, et une grosse envie de croire au Père Noël. 

Je suis tellement habituée à être surprise ici que je me suis dit que c'était encore un de ces actes totalement gratuits, comme ces graffitis qu'on trouve parfois sur le trottoir, you are beautiful, you are loved, ou ces petits billets doux d'inconnu à inconnu, souvenez-vous, ou la voiture de devant qui vous paie votre péage, ou le panier de fruits du jardin laissé sur le trottoir, juste comme ça, pour exercer le muscle du don, du détachement, de la chaîne ouverte dont on se revendique maillon. 

Eh bien, non, cette fois, c'est un peu différent, c'est un autre groupe de muscle qui est targeté, celui, très bodybuildé ici aux USA, du fundraising. 

Contexte, expliqué le plus simplement du monde dans un court courrier déposé sur nos marches: à l'hôpital de Stanford, récemment, une petite fille de 6 ans qui s'appelait Jennifer est décédée d'un cancer du cerveau qui n'a aucune cure. A partir du diagnostic, l'espérance de vie est de 9 mois, Jennifer a tenu 3. Boom. Sa famille, amputée, saignante, écrabouillie de douleur, depuis le fond du fond, ne me demandez pas comment ils ont pu, a lancé cette ronde des libellules qui marche du tonnerre, vous vous retrouvez avec les libellules devant chez vous, vous pouvez décider chez qui elles iront se poser le lendemain, vous pouvez donner de l'argent qui ira 100 % à un fond dédié à la recherche en oncologie pédiatrique.
Quelques stats données sur le flyer donnent une idée de l'urgence:  moins d'1% des fonds récoltés par l'American Cancer Society va à la recherche sur le cancer des enfants, pourtant première cause de mortalité infantile par maladie. Pas assez profitable. Donc on n'y connaît rien, au cancer des enfants, on encaisse, c'est tout. L'initiative lancée par cette famille s'appelle Unravel: démêler, dénouer. Braquer le faisceau de la recherche sur la confusion infernale et commencer à bosser dur.  


Pour tirer sur ce fil et participer au dénouage de ce noeud de vipères:
https://salsa4.salsalabs.com/o/51169/donate_page/donate

Pour tirer sur un autre fil, plus près de chez vous, google. Now. Clic.

PS: Durant notre séjour ici, nous avons par hasard eu la joie de connaître et devenir amis avec une poignée de pédiâtres cancérologues, par ailleurs papas gâteaux et francs rigoleurs, qui dédient leurs journées entières, ici et en France, à faire avancer la science pour guérir les gnomes. Ce billet est aussi une manière de leur rendre hommage et de leur dire combien nous leur sommes reconnaissants. 
Go for it boys. We all are, but you of all people are changing the world. 

jeudi 25 septembre 2014

Servez-vous/Help yourself

Le matin, ces jours-ci, mon bébé a tellement faim qu'il commence par refuser le biberon qu'on lui tend, pour pouvoir continuer à pleurer. Il faut quasiment le lui introduire de force dans le bec. Ensuite évidemment, c'est l'amour, la paix, le rassasiement et ... le silence. 



Et nous? Qu'est-ce qu'on refuse d'accepter alors qu'on en meurt d'envie? que c'est juste ce dont on a besoin? que c'est juste là, en plus, pile poil sous nos yeux? une pause, un compliment, un cours, un encas, un kleenex, de l'aide??? un coup de pied au c...?