lundi 3 février 2014

Pull it out

J'ai la phobie des tiques. 
Vous savez ces bestioles minuscules qui s'accrochent à vous dans la plus grande discrétion et vous sucent le sang, au sens propre. Il se trouve que c'est un peu comme les chiens, plus vous en avez peur, plus ils vous trouvent et vous collent aux basques. Ainsi donc, où qu'il y ait des tiques, je m'en tape une. Idem pour les clébards. 

J'ai investi il y a déjà quelques années dans un tire-tique de compèt'. Et je l'emporte absolument partout. Récemment par exemple, la vie m'a fait cadeau d'une petite escapade à Florence, Italie, eh ben j'ai emporté mon tire-tique dans ma trousse de toilette. Aux Offices, on ne sait jamais, caché dans les motifs luxuriants du Printemps de Botticelli... 

Or doncques, il m'est apparu l'autre jour que certaines pensées agissent sur moi comme des tiques. Elles sont bien installées, je ne m'en rends pas compte, je ne les distingue pas du reste de mes pensées, ça gratte bien un peu mais pas assez pour que je regarde vraiment en détail, pour que je pause quelques minutes. Et elles me sucent le sang sans vergogne, me crèvent, me bouffent. Pour s'en défaire, une seule solution: les localiser (les identifier, les nommer?), s'armer du tire-tique, les retirer. 
Ok, certaines pensées ne sont pas si faciles que cela à retirer. "Chuis nul", par exemple, est un sacré morceau, et on peut mettre un certain temps avant de trouver le bon tire-tique; et puis parfois "chuis nul" s'est logé à des endroits pas possibles, au bas du dos, dans les cheveux, un truc comme ça, impossible d'y arriver seul anyway, on a besoin d'aide.

Mais d'autres pensées sont moins compliquées à envoyer bouler.
Prenons par exemple un item de votre to-do list que vous remettez consciencieusement au lendemain, depuis un bon mois, instaurant ainsi la rolling to-do list. Tant que cette procrastination est choisie, tout va bien, on se sent en contrôle. Mais quand l'objet de la procrastination commence à hanter vos journées et vos nuits itou, je dois, je devrais, il faut que, j'ai pas encore, ich muss, I should, alors on n'est plus du tout dans le choisi, on subit la bestiole, et on s'étiole (pas fait exprès).
Le plus dur, dans ces cas-là, est de s'avouer que c'est cette petite chose, là, en haut du post-it, qui bloque le reste. Et qu'il va bien falloir, si l'on veut avancer, lui faire un sort, repousser d'autres choses plus intéressantes, parfois même plus urgentes, pour faire cette petite chose. Quelques fois, la petite chose est vraiment importante.

Après, il y a un peu de rouge autour, ça gratte encore un peu, mais enfin le parasite a dégagé. On se sent tout léger.










PS: Pour de vrai, pour retirer une tique, il ne faut pas utiliser de pince à épiler (il y a un risque de retirer l'abdomen sans les pinces); il ne faut pas utiliser d'alcool (ça endort le machin mais avant de sombrer il y a plus de chances qu'il vous lâche son poison); il ne faut pas utiliser vos ongles (je rêve); il faut utiliser un tire-tique, cf l'illustration de ce post, soigneusement choisie pour éviter le gore.

Je pourrais enregistrer ce blog en santé publique en fait.

PS2: Etes-vous aussi victimes de tiques? des bonnes pratiques à échanger?

PS3: Y a-t-il une pensée-tique dans votre vie aujourd'hui? Quand et comment allez-vous la retirer? Plan it!

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