vendredi 28 février 2014

Communication

Today I express my gratitude to Bernard and Robert. 


Entre ce que je pense, 
ce que je veux dire, 
ce que je crois dire, 
ce que je dis, 
ce que vous voulez entendre,
ce que vous entendez, 
ce que vous croyez en comprendre, 
ce que vous voulez comprendre,
et ce que vous comprenez, 

il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre...
Bernard Werber.



I know that you believe you understand what you think I said, 
but I'm not sure you realize what you heard is not what I meant.
Robert Mc Closkey

dimanche 23 février 2014

Love is in the air

Récemment quelqu'un est mort. S'il n'y avait que lui, me direz-vous. Okay, mais dans mon récemment à moi, quelqu'un est mort alors que c'était bien trop tôt et bien trop injuste. 

Pas de condoléances please: il ne faisait pas à proprement parler partie de ma vie, je ne l'ai vu qu'un très petit nombre de fois, assez cependant pour être doucement habitée par le gris et les questions pour quelques jours. Rien comparé au trou noir qui doit habiter la tête et le ventre de ses proches en ce moment. 

On m'a dit qu'il était parti préparé, chez lui, avec sa femme à ses côtés, ses enfants en sleepover pas drôle, ailleurs. Pleinement conscient de ce qui se passait. Je n'en ai pas dormi pendant deux nuits: comment fait-on pour dire au revoir à ses enfants quand ils partent pour ce genre de sleepover? comment fait-on pour mourir sereinement en regardant la femme de sa vie? Bien contre mon gré, j'ai créé mon petit film, ma petite fiction, ma représentation de ce qu'un tel départ peut bien être. Je m'en veux, d'emprunter la douleur des autres pour me faire peur à coup d'identification idiote et stérile. Je ne dois pas être la seule, mais je m'en veux quand même.

Pourtant j'ai créé un mot en visionnant mon film pour la cinquantième fois et juste avant de tomber enfin endormie, je me suis dit qu'il avait fini sa vie d'ici amourant et ça m'a fait du bien. 


jeudi 20 février 2014

Inside too

Ma troisième (3 ans) tourbillonne, virevolte, escalade et dégringole au son de sa chanson préférée du moment, interprétée a cap(p)ella vingt fois par jour pour notre plus grand... bonheur:

"If you're happy and you know it, clap your hands
If you're happy and you know it, stomp your feet
..."

Youou, ça groove sec. 
Marquant soudain un temps d'arrêt devant son frère (5 ans), calmement posé dans le canapé et perdu dans ses pensées (rêvant d'une autre famille? redoutant la soupe du soir? repassant l'alphabet et bloquant sur T,U,??... qui sait ce qui peut se passer dans ces caboches adorées), elle lui lance:

-Et toi, are you happy? 
-No, I'm not happy.
-... ?....!... ;(((
-I'm serious. 

Well, well, au travail, maman. 

-Ahhhhh... Intéressant. Mais tu sais mon chéri, on peut aussi être heureux en étant sérieux. On peut être heureux à l'intérieur. 
-(5 ans) Sans bruit? 
-Voilà, c'est ça, sans bruit. 
-Ah. Ok. I'm happy then

And I am seriously happy to have y'all around, guys;))))

vendredi 14 février 2014

A love declaration

Aujourd'hui on se dit qu'on s'aime, c'est ça? 
Moi je fais partie des gens qui usent du verbe jusqu'à la corde avec mes proches, nonobstant la peur répandue qu'il pourrait perdre de sa force et de sa vérité, et la croyance qu'il faudrait l'utiliser, comme le sel, avec parcimonie. No comprendo

Ce n'est donc pas à mon amoureux, à mes loulous ou à tous ceux que j'aime que je veux faire ma déclaration, mais à ma langue maternelle et à la créativité dévergondée qu'elle me permet, à mon insu, de temps en temps. 

Ainsi, ce matin, je cherchais partout le tempéramètre et, lorsque j'ai réussi à mettre la main dessus, il a bien fallu l'utiliser pour vérifier la fièvre de ma cocotte, mais elle n'arrêtait pas de gesticoter... 

***

En chacun de nous se cache un wordartist. Que vous dit le vôtre?;))

Et pour illustrer ce post, le dahu, l'autre version du poisson des glaciers:

Et aussi, bien sûr, France, rien que pour vous, à fond dans le salon...
C'est tellement bon, c'est touuuuuuuuuut...

http://www.youtube.com/watch?v=T_o3LZYESuU



mardi 11 février 2014

Accept defeat

En parenting comme en living tout court, il faut choisir ses combats. 

J'ai mis un peu de temps à accepter cette réalité qui met à mal notre besoin de contrôle absolu, mais ça y est. 

Le combat du tube de dentifrice propre par exemple, je le perds tous les jours. Totalement. 

Je ne me bats plus, du coup. Je me rends. 







mercredi 5 février 2014

Closer, closest

Ce soir, retour non prévu sur l'un de mes thèmes de prédilection: que savons-nous de la vie de gens que nous croisons tous les jours? Qui sont nos voisins, au sens propre du terme? 

Après Angela incognito sur son tapis de yoga, souvenez-vous, cette semaine, du lourd encore plus près de chez moi, sous mon nez, dans ma rue: 

-J'apprends que le couple idéal formé par notre grand-mère de substitution et son conjoint, tous deux la soixantaine blanche, bedonnante et tellement attendrissante, est une deuxième union. Ca fait juste dix ans qu'ils sont in love;:)) trop mimi... Mais alors les grands enfants là, dont le dernier vit encore avec eux, tout fraîchement admis au Barreau de San Francisco, c'est... c'est pas les enfants du Môssieur alors...?? Non... J'aurais pourtant juré, vue la ressemblance!!! (sic). 

-Je bavarde avec une autre voisine, genre la trentaine canon, avec un enfant de l'âge de ma troisième, et là je comprends que c'est la fille d'une giga star hollywoodienne. Vraiment giga. Je ne peux pas dire qui, j'ai une conscience, je ne tiens pas à me fâcher avec toute la rue qui visiblement est au courant depuis des lustres mais se tient coi. Même qu'il vient les voir et tout... Rââââ, même qu'il est marié avec la Môman depuis 1977, et toujours ensemble, et tout... Trop mimi...

Voilà... Dans le monde, il y a ce qu'on voit et tout ce qu'on ne voit pas, et ça, c'est trop bien.


***

Et vous, des scoops dans votre rue, dans votre immeuble, dans votre open space? Ruez-vous sur les commentaires;)

lundi 3 février 2014

Pull it out

J'ai la phobie des tiques. 
Vous savez ces bestioles minuscules qui s'accrochent à vous dans la plus grande discrétion et vous sucent le sang, au sens propre. Il se trouve que c'est un peu comme les chiens, plus vous en avez peur, plus ils vous trouvent et vous collent aux basques. Ainsi donc, où qu'il y ait des tiques, je m'en tape une. Idem pour les clébards. 

J'ai investi il y a déjà quelques années dans un tire-tique de compèt'. Et je l'emporte absolument partout. Récemment par exemple, la vie m'a fait cadeau d'une petite escapade à Florence, Italie, eh ben j'ai emporté mon tire-tique dans ma trousse de toilette. Aux Offices, on ne sait jamais, caché dans les motifs luxuriants du Printemps de Botticelli... 

Or doncques, il m'est apparu l'autre jour que certaines pensées agissent sur moi comme des tiques. Elles sont bien installées, je ne m'en rends pas compte, je ne les distingue pas du reste de mes pensées, ça gratte bien un peu mais pas assez pour que je regarde vraiment en détail, pour que je pause quelques minutes. Et elles me sucent le sang sans vergogne, me crèvent, me bouffent. Pour s'en défaire, une seule solution: les localiser (les identifier, les nommer?), s'armer du tire-tique, les retirer. 
Ok, certaines pensées ne sont pas si faciles que cela à retirer. "Chuis nul", par exemple, est un sacré morceau, et on peut mettre un certain temps avant de trouver le bon tire-tique; et puis parfois "chuis nul" s'est logé à des endroits pas possibles, au bas du dos, dans les cheveux, un truc comme ça, impossible d'y arriver seul anyway, on a besoin d'aide.

Mais d'autres pensées sont moins compliquées à envoyer bouler.
Prenons par exemple un item de votre to-do list que vous remettez consciencieusement au lendemain, depuis un bon mois, instaurant ainsi la rolling to-do list. Tant que cette procrastination est choisie, tout va bien, on se sent en contrôle. Mais quand l'objet de la procrastination commence à hanter vos journées et vos nuits itou, je dois, je devrais, il faut que, j'ai pas encore, ich muss, I should, alors on n'est plus du tout dans le choisi, on subit la bestiole, et on s'étiole (pas fait exprès).
Le plus dur, dans ces cas-là, est de s'avouer que c'est cette petite chose, là, en haut du post-it, qui bloque le reste. Et qu'il va bien falloir, si l'on veut avancer, lui faire un sort, repousser d'autres choses plus intéressantes, parfois même plus urgentes, pour faire cette petite chose. Quelques fois, la petite chose est vraiment importante.

Après, il y a un peu de rouge autour, ça gratte encore un peu, mais enfin le parasite a dégagé. On se sent tout léger.










PS: Pour de vrai, pour retirer une tique, il ne faut pas utiliser de pince à épiler (il y a un risque de retirer l'abdomen sans les pinces); il ne faut pas utiliser d'alcool (ça endort le machin mais avant de sombrer il y a plus de chances qu'il vous lâche son poison); il ne faut pas utiliser vos ongles (je rêve); il faut utiliser un tire-tique, cf l'illustration de ce post, soigneusement choisie pour éviter le gore.

Je pourrais enregistrer ce blog en santé publique en fait.

PS2: Etes-vous aussi victimes de tiques? des bonnes pratiques à échanger?

PS3: Y a-t-il une pensée-tique dans votre vie aujourd'hui? Quand et comment allez-vous la retirer? Plan it!