mercredi 18 décembre 2013

Nowherk

Voici ma nouvelle réalité:
depuis des semaines, bon allez au moins dix jours, ma petite cocotte de bientôt 3 ans demande dès le matin au réveil "On va où??" et réitère la chose une dizaine de fois dans la journée. 
C'est épuisant. 
Mais cela n'est encore rien. Il se trouve qu'elle s'est entichée aussi de l'expression "nulle part", qu'elle prononce "nul parc", ce qui est probablement dû à une collision entre le néant et un playground quelconque, collision que nous autres n'avons pas remarquée. 
Or doncques, à la question "On va où?" il faut répondre "nul parc", sans quoi c'est la crise, voire la guerre. 

Epuisant je vous dis. 

Mais tordue comme je suis j'ai réussi à en tirer un truc intéressant. 
En fait, de manière sibylline et subconsciente et tout, ma fille me demande de ne surtout pas zapper mon moment de méditation quotidien, ce qui a peut-être été un peu trop le cas ces derniers jours, enfin ce dernier mois, vu qu'ici le mois gruyère c'est pas Mai c'est fin Novembre-fin Décembre: école-pas école-école-pas école; early dismissal-regular dismissal; fin des after-school programs, spectacles et special events à tour de bras; cadeaux pour la maîtresse, le prof de sport, la BFF, la nounou; babysitter qui a perdu son cellphone  et qui rentre à la maison un mois pour voir sa famille (mais comment ça elle a une famille??); fête de Noël à la bibliothèque, à la preschool, à Trader Joe; playdate steupl; et bien sûr les sacrosaints kdos passke c'est vrai qu'on n'a rien et qu'on a besoin de plus... "Mais maman pourquoi tu pleures?"

Oui donc je disais, typiquement, quand vous n'en êtes pas encore au niveau moine zen, la méditation c'est le premier truc qui passe à l'as quand vous êtes surmenés. Je veux dire décembrement surmenés. Erreur, grossière erreur, c'est là qu'on en a le plus besoin! Car dans cet espace intérieur ouvert à tous les vents que vous revisitez tous les jours, il n'y a, justement, rien à faire et nulle part où aller. Nothing to do, nowhere to go*. Simply nowherk

Et ça fait du bien, quand même, de se rappeler que même immobile on est vivant. Que même sans todo list greffée au poignet on peut se rappeler de ce qui est important, au bon moment. Et qu'on peut exister en secret. 
Olala! mais où elle va??



*Nothing to do, nowhere to go est le titre de Thich Nhat Hanh. Je ne l'ai point lu.

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