vendredi 27 décembre 2013

Driven by freedom

Une voiture à Berkeley, CA.


Ca c'est de la liberté en action, non?
Suis-je assez libre dans ma tête?, that is the question...


On ne s'ennuie pas dans les embouteillages ici, rappelez-vous...

mercredi 18 décembre 2013

Nowherk

Voici ma nouvelle réalité:
depuis des semaines, bon allez au moins dix jours, ma petite cocotte de bientôt 3 ans demande dès le matin au réveil "On va où??" et réitère la chose une dizaine de fois dans la journée. 
C'est épuisant. 
Mais cela n'est encore rien. Il se trouve qu'elle s'est entichée aussi de l'expression "nulle part", qu'elle prononce "nul parc", ce qui est probablement dû à une collision entre le néant et un playground quelconque, collision que nous autres n'avons pas remarquée. 
Or doncques, à la question "On va où?" il faut répondre "nul parc", sans quoi c'est la crise, voire la guerre. 

Epuisant je vous dis. 

Mais tordue comme je suis j'ai réussi à en tirer un truc intéressant. 
En fait, de manière sibylline et subconsciente et tout, ma fille me demande de ne surtout pas zapper mon moment de méditation quotidien, ce qui a peut-être été un peu trop le cas ces derniers jours, enfin ce dernier mois, vu qu'ici le mois gruyère c'est pas Mai c'est fin Novembre-fin Décembre: école-pas école-école-pas école; early dismissal-regular dismissal; fin des after-school programs, spectacles et special events à tour de bras; cadeaux pour la maîtresse, le prof de sport, la BFF, la nounou; babysitter qui a perdu son cellphone  et qui rentre à la maison un mois pour voir sa famille (mais comment ça elle a une famille??); fête de Noël à la bibliothèque, à la preschool, à Trader Joe; playdate steupl; et bien sûr les sacrosaints kdos passke c'est vrai qu'on n'a rien et qu'on a besoin de plus... "Mais maman pourquoi tu pleures?"

Oui donc je disais, typiquement, quand vous n'en êtes pas encore au niveau moine zen, la méditation c'est le premier truc qui passe à l'as quand vous êtes surmenés. Je veux dire décembrement surmenés. Erreur, grossière erreur, c'est là qu'on en a le plus besoin! Car dans cet espace intérieur ouvert à tous les vents que vous revisitez tous les jours, il n'y a, justement, rien à faire et nulle part où aller. Nothing to do, nowhere to go*. Simply nowherk

Et ça fait du bien, quand même, de se rappeler que même immobile on est vivant. Que même sans todo list greffée au poignet on peut se rappeler de ce qui est important, au bon moment. Et qu'on peut exister en secret. 
Olala! mais où elle va??



*Nothing to do, nowhere to go est le titre de Thich Nhat Hanh. Je ne l'ai point lu.

jeudi 12 décembre 2013

Living in the (my) United States Of Soul

Quand j'étais petite, et moins petite, on me priait souvent d'"arrêter mes questionnements métaphysiques", de ne pas me perdre dans mes "états d'âme". Pour mon bien, certes. Il est vrai que sans garde-fou j'aurais bien pu finir en clôture dans un ashram, ou pire, allongée sur un divan à revisiter éternellement mon stade oral (j'ai quand même sucé mon pouce jusqu'à un âge avancé, composé de deux chiffres et commençant par 3).

Mon papa et ma maman chéris avaient aussi une expression que j'adore pour désigner les moments de pic d'excitation, quand le fou-rire est à moitié nerveux, que les jambes partent vers le haut ou vers le côté, qu'on commence à dire et à faire n'importe quoi, qu'on est complètement libre, lâché. Toute seule ou en tandem avec mon petit frère, j'avais donc ce que mes patients et aimants géniteurs appelaient des quarts d'heure coloniaux*.


Eh bien il m'est apparu récemment que dans ce blog, finalement, je suis toujours petite, et j'alterne avec délices, maintenant que j'ai décidé que j'en avais le droit et que je ne pouvais guère faire autrement de toute façon, états d'âme en folie, métaphysique californienne et quarts d'heure coloniaux plus ou moins sonores. Le tout à partager, parce que tout est meilleur quand on partage, non? 

And it feels so good. Je crois que je suis dans ma zone de talents**.

Et quand je serai grande, je voudrais continuer à être dans l'état d'esprit de scruter mes états d'âme et d'en faire état, passke comme ça, on verrait où ça se croise, le particulier et le général,  le singulier et le pluriel...



Ceci est mon âme, lisez-en!
All right, mon âme à la forme d'un cerveau... tout un programme, je le concède...

***

*D'où est-il colonial, le quart d'heure?? 
Voici ce que j'ai trouvé en ligne: "avoir le quart d'heure colonial : être pris d'un coup de folie comme celui qui aurait récupéré le paludisme et ses accès de fièvre violents mais brefs." 

J'ai aussi trouvé, au sujet d'un livre du même nom, ceci: "lquart d'heure colonial est l'instant de folie qui s'empare du Blanc, coincé entre les mamelles du sexe et de l'apéro sous les tropiques."

Je suis bidonnée. 

** Talents? pas gênée la fille. J'ai démystifié le terme pendant mon expérience de coaching sur StrengthsFinderil y a deux ans, durant laquelle je me suis penchée studieusement sur ce qui me procurait de la satisfaction et sur ce à quoi sur un malentendu je n'étais pas trop mauvaise. Ca fait vraiment du bien. By the way, je lie directement le fait que j'ai osé commencer ce blog à ce coaching. Les initiés savent que depuis, j'ai pris une formation pour pouvoir coacher sur StrengthsFinder itou.  

Pen pal



Petit mot de ma fille ainée à sa copine Ruby, qui déménage en Oregon à la fin de la semaine... 


What are your high hopes? Are you working towards them, one tiny step at a time?

Be my pen pal, comment;)))!!

***

Et toujours cette troublante harmonie orangée entre la toile cirée de ma table de cuisine et le fond de mon blog... Signes...?


lundi 9 décembre 2013

Interculinary differences

Attention, post peu charitable.
Une fois n'est pas coutume.

Or doncques, ici aussi l'on mange. Mais quoi?, telle est la question.


Quelques éléments d'une récente moisson:

-Cours de cuisine dans une grande boîte de la baie. L'idée: sensibiliser ses employés aux bienfaits du Cook it yourself, au lieu du Fastfoodtogo; augmenter ainsi leur efficacité au travail, réduire leurs coûts de santé, éventuellement allonger leur espérance de vie. 
En voilà une entreprise responsable. 
Première leçon: la vinaigrette.
Prendre de l'huile. Prendre du vinaigre. Prendre du sel. Prendre du poivre. Mélanger. Verser sur le truc vert qui ressemble à de l'herbe mais que les humains peuvent consommer sans risque connu pour l'organisme.


-Cooking class, diffusée à la télé dans un salon de mani-pédi, attrapée au vol au moment de choisir entre l'orange pétard, pour rigoler, ou le rouge sombre classique, pour faire sérieux: la Maïté locale (impossible de la retrouver malgré des heures de recherche sur le web) jongle habilement entre crème fraîche, beurre et mayo. Le thème d'aujourd'hui: french cuisine, la cuisine française, ahhhhh, la cuisine française, gage de bon, de beau, de léger. A table!!! Au menu: Des croque-monsieurs. Miam!! et en légumes? des frites (sic), french fries!! Yepeee!! Pourquoi diable faut-il que soient qualifiées de françaises les allumettes de patate qui font grossir les Américains?


-Rassemblement de Français, avec pot luck (c'est à dire que chacun met la main à la pâte et au porte-monnaie et apporte de quoi partager). Bonne fille, et bonne mère d'ailleurs, j'apporte 30 tranches du jambon le moins pire que l'on puisse trouver ici, le Madrange, sans chauvinisme. On n'en trouve pas partout; j'ai de la chance, on le vend là où je fais mes courses. On a fini par s'habituer et on le trouve même bon. Les enfants, que nous avons en nombre, seront contents, me dis-je. Résultat: sans mentir, défilé, dé-fi-lé d'adultes larmoyants :"Mais où as-tu trouvé ce jambon? mais c'est du bonheur! c'est Noël, tu nous gâtes! Merciiiii!!" Après un verre de vin nous convenons ensemble, toujours larmoyants, qu'au pays on ne regarderait même pas le Madrange, avec sa forme ronde un peu trop parfaite et son rose cucul, non, on irait au torchon, tout droit, celui qui est marbré, frais et irrégulier. Ahhhh... le torchon. Faudra attendre cet été...


-Et puis bien sûr, bien sûr, pas si récent mais toujours aussi revigorant, vécu pour de vrai, I swear, au tout début de son séjour ici par votre servitrice: http://www.happinessmuscle.com/2012/06/ouah-you-cook-your-own-food.html  


Voilà, mes chers.
Bon appétit.

jeudi 5 décembre 2013

Body, Q & A

Drôle de journée, là. Très hard corps. 

Ce matin: 
(Presque 5 ans): 
"-Est-ce que mon coeur bat? 
-Oui mon chéri, ton coeur bat tout le temps, toute ta vie.
-Mais je ne le sens pas là.
-... Je t'assure qu'il bat pourtant. Quand le coeur ne bat plus, la vie s'arrête.
-Ah oui, parce que le coeur est parti en fait, c'est ça. 
-... Je... Il faut y aller là, hein, on va être en retard, allez viens mon coeur. "

Mouf mouf mouf. Bon.

Ce soir:
Alors que j'expliquais à ma jolie aînée de 7 ans et demi qu'elle grandissait et que donc j'apprécierais que la prochaine fois elle attende que le petit voisin de 9 ans, enfant unique qui plus est, ait quitté la maison avant de se désaper entièrement devant lui pour aller au bain parce qu'elle en avait marre du playdate:
-Pff... Maman, est-ce que je vais bientôt être à l'âge où... 
(je m'attends à tout, là, je suis prête, je peux le faire: les ragnagna, les poils, les ovules et les spermatozoïdes...)
-... où je vais avoir des grosses fesses? 
Perplexité. Solitude. 


Ce soir, plus tard:
Laissant la maison à une babysiter de choc, je m'esquive pour me rendre à une petite fête autour de ma prof de yoga qui sort son premier livre, gros évènement pour elle, elle y travaille depuis 10 ans: l'histoire de son rapport à son corps, très longtemps conflictuel et maladif, et à la nourriture, son cheminement vers l'acceptation de ce corps et au delà même, vers l'amour de son corps. Aujourd'hui, sa yoga niche, si l'on veut, c'est Love Your Body. Je la suis pour d'autres raisons, mais elle est connue pour ça, par ici. J'y allais surtout pour la soutenir, hein, passke bon, sans être complètement in love avec mon body non plus, va, je ne le hais point. Pour ça, ça a du bon de vieillir, sans aucun doute.
Donc méditation spéciale Love Your Body, lecture d'extraits, questions et réponses, le tout dans une atmosphère bon enfant, share the joy
Je vous la fais courte, alors que moi ça m'a pris 40 minutes sur le coussin: elle nous a fait faire un body scan ultra particulier, appliquant la technique de méditation maitri (ou metta, ou loving kindness, en bref vous faites un effort d'affection et de tendresse vis à vis de l'objet de votre attention) à la liste des 32 parties du corps de la méditation bouddhiste traditionnelle du même nom. 

Visez un peu la liste: cheveux, poils, ongles, dents, peau, muscles, tendons, os, moelle, reins, coeur, foie, membrane, rate, poumons, intestins, mésentère, estomac, excréments, cerveau, bile, flegme, pus, sang, sueur, graisse, larmes, filtre gras, salive, glaire, synovie, urine.

Yeah. Originellement visant à dégoûter les moines du corps et de son accolyte dangereux, le lucre, cette méditation est parfois revisitée et utilisée comme une opportunité de regarder tout ce que l'on préfère ne pas regarder, et de prendre conscience de tout ce bon boulot crado qui s'accomplit en nous à chaque seconde pour nous maintenir en vie.
C'est puissant.

J'ai eu un insight du tonnerre pendant la méditation, au niveau du gros intestin. Son boulot, à Pépère, c'est d'intégrer ce qui doit l'être et de rejeter ce qui ne servira pas à nous rendre plus fort. C'est un pro du let go. On devrait tous prendre exemple sur notre gros intestin.

 ***

Pour en savoir plus sur le livre de Kimber Simpkins, Full, que je n'ai pas encore lu;( , c'est par ici  http://www.fullbykimber.com/