dimanche 5 mai 2013

My mental pen

Incroyable le nombre de découvertes que je fais sous la douche. Des idées qui me foncent dessus, à toute berzingue. On parle en anglais de aha moments, j'adore, ou bien encore de breakthrough moments, imaginez la lumière qui transperce (break through) l'obscurité de votre esprit à peine sorti des limbes du sommeil et des cris du petit déjeuner, la pépite qui surgit alors que vous cherchez à l'aveuglette le shampoing... 

Tout cela, chez moi, est décuplé le dimanche matin, jour béni, ce n'est pas moi qui le dit, puisqu'il autorise à rester de trèèès longues minutes sous la douche (grateful grateful grateful), au mépris de toute conscience environnementale, au mépris du mari de compétition qui, de l'autre côté de la porte bien fermée à clé, gère la meute hurlante, et bien sûr, au mépris de la messe, qui commence à 10h30, autant dire trop tôt quand on sort de la douche à 10h29. 



Bien. Ce matin donc, sous la douche re donc, me frappa la chose suivante: 
en anglais, to notice, remarquer, fait montre d'une promiscuité gigantesque avec to note, écrire, prendre des notes. 

Deuxième perforation de la sombritude par la lumière, en français aussi, remarquer et marquer sont  quasi jumeaux, sauf que je ne l'avais jamais observé (...) vu que j'utilise bien plus écrire que marquer pour dire noter. 

Vous suivez? J'espère. 


Or donc, qu'est ce que ça donnerait si on marquait quelque part tout ce qu'on remarque? 

Tout, non, en fait, mais la partie de ce qu'on remarque dans nos journées qui peut nous enseigner quelque chose, être recyclée de manière productive, contribuer à notre bien-être? 

Exemple: que n'ai-je noté et conservé précieusement des descriptions précises de certaines phases par lesquelles passent les enfants? La phase j'ai peur des choses nouvelles, la phase je me jette par terre chez Safeway, la phase je ne veux plus prendre le bain, la phase je suis ultra susceptible etc... Cela m'aurait permis, je pense, d'être moins surprise à chaque fois que ces phases reviennent chez un enfant différent, de moins me prendre la tête en compagnie du père des minots sur le mode "on a déjà eu ça, on a déjà eu ça, il faut rester cool, c'était qui, c'était quand déjà, tiens reprends moi une bière ça va me revenir???" et autres réjouissances conversationnelles de l'après 20h30. 

Autre exemple: tel jour de telle année, j'ai radicalement changé d'avis sur une personne que je tenais jusque là en piètre estime. Sur le post-it imaginaire, le pourquoi du comment du processus, en détails svp. Je suis sûre que cela ouvre la porte à d'importantes améliorations, du style: puisque cela m'est arrivé une fois déjà, vais-je vraiment recommencer à tenir cette autre personne en piètre estime vu que dans X mois je vais encore me sentir ridicule? 

Dernier exemple: ohlala, ce déjeuner dominical s'est super bien passé, tout le monde a bien mangé, même les brocolis, eh oui!, pas de verre renversé, un semblant de conversation, tous les 6 autour de la table, ensuite tout le monde file se reposer sans râler, ohlala c'est le pied, je le remarque, je note, qui que quoi dont où et hop, le prochain déjeuner dominical infernal, je pourrai relire mes notes pour me convaincre que si, cette scène bénie a bien eu lieu, et retrouver la recette!! parce que sur le moment, je sais bien que j'enverrai bouler quiconque essaiera de me rappeler gentiment que dimanche dernier, tout s'est bien passé... tandis que si c'est moi qui l'ai écrit...


Pfff... si on notait tout ce qui est noteworthy dans nos vies, on serait des super heroes, moi je vous le dis. On pourrait donner des cours de vie et se faire grassement payer. On serait totalement présents, et ça, c'est bueno.  







PS Un autre jour, si vous êtes sages, je m'étendrai sur l'étrange homonymie en anglais entre pen, stylo, et pen, poulailler, ce qui, du point de vue du titre choisi pour ce post, est pour le moins bizarre autant qu'étrange. 




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