jeudi 28 juin 2012

Important but not urgent

J'ai vu pour la première fois ce tableau simplissime dans mon cours de Positive Psychology à Berkeley, cet hiver. Je l'aime parce que je le comprends.
Il est tiré du livre de Stephen R. Covey, The 7 habits of highly effective people, une référence depuis une vingtaine d'années dans la catégorie self-help books sérieux.


L'idée est que dans toute vie ou presque,
  la case 1 est inévitable et peut prendre une importance délirante;
  la case 3 est celle de l'illusion, où l'on croit que c'est important, mais en fait non, et on y passe sa journée: celle qui rend malheureux; 
  la case 4, sympa au premier abord, peut très vite être déceptive et angoissante; 


et que la case 2 est trop souvent la dernière roue du carosse, celle qui se fait toujours doubler par l'une des trois autres.

Après avoir trop dilapidé d'énergie et de temps dans la réaction immédiate aux évènements et la gestion matérielle de la vie de ma famille, j'ai réalisé récemment à quel point déplacer le curseur vers la case 2 peut apporter de satisfaction.
Une seule chose par jour réalisée dans cette case me donne une énergie folle. 
Une priorité sans dead line: un coup de fil, un message, un sourire, un temps de repos, un temps de planification un peu long terme, un truc superficiel pour booster le moral, un temps consacré à un seul enfant, une soirée en amoureux, forwarder un article intéressant...


Comme le temps n'est a priori pas extensible, il faut souvent renoncer à des petites choses des cases 3 et 4 pour passer plus de temps dans la case 2. Je trouve que c'est finalement assez facile et surtout naturel, une fois que l'intention est bien présente dans mes journées.

mardi 26 juin 2012

Reverse collection

La paroisse Saint Augustine d'Oakland, celle à laquelle nous pensons tous les dimanches au réveil et où nous nous rendons effectivement une poignée de dimanches par an à la messe, a lancé une initiative auprès de sa communauté pour construire un dortoir pouvant loger une cinquantaine d'orphelins de parents décédés du HIV au Kenya (Tonga project). 

Coût estimé à 65000 dollars. 
Construction arrêtée à la dalle de béton depuis plusieurs mois pour manque de ressources.


Le prêtre a décidé de faire une reverse collection
le dimanche 26 février 2012, au moment de la quête, ont ainsi été distribuées aux personnes qui se trouvaient là
400 enveloppes contenant chacune entre 15 et 100 dollars

12500 dollars ont été confiés ainsi, à charge aux paroissiens de les faire fructifier comme ils l'entendraient.
De petites initiatives sont nées un peu partout: lemonade stands, yard sales ou soirées avec appel à donations etc... etc...


90 jours plus tard, retour des enveloppes avec 73000 dollars dedans... Goal reached!


Le sermon du dimanche de Pentecôte fut consacré à la force de l'Esprit (et du dollar) et pour une fois je voyais drôlement de quoi il s'agissait! 


Cela me
1) transporte de joie
2) transporte d'admiration pour cet esprit si pratique
3) donne confiance en l'être humain
4) fait dire que vraiment tout est possible quand on est créatif et motivé.



More about this project here:

The done list

Aujourd'hui j'ai réuni mes diverses to do lists, celles qui trainent devant le pc, celles aimantées au frigo, celle de la voiture, celle des toilettes etc... et j'en ai fait une superbe, toute neuve, sans rature!
Ca y est, ça peut recommencer!!


J'ai bazardé les vieilles. Mais c'est idiot. On devrait tenir à nos done lists autant qu'à nos to do. On devrait les bichonner elles aussi, les remettre au propre, supprimer tous les items non faits...

C'est toujours cette vieille histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide en fait...

Rrrrooooo la sagesse populaire, on n'a guère fait mieux.


samedi 23 juin 2012

I do have time

"Je n'ai pas le temps" est peut-être l'une des phrases que j'ai le plus prononcées ces dernières années. Jusqu'à récemment, cela me semblait tout à fait normal. Rappel: -j'ai de jeunes enfants. -Ah ok. -Je ne travaille pas. -Ah bon, ben alors?? je vous arrête tout de suite et vous conjure d'essayer, on en reparle après.

Bien.

Il y a quelques mois je me suis mise à flipper encore plus que d'habitude en me disant que peut être que j'allais mourir la semaine prochaine et que j'aurais passé ma vie à dire "je n'ai pas le temps". Pas le temps de lire, de réfléchir, de faire du sport, d'aimer mieux et plus etc... Impossible.
J'ai instillé dans ma vie quelques changements bénéfiques, entre autre une pause quotidienne, qu'il pleuve ou qu'il vente, de méditation, recentrage qui m'est devenu indispensable.

Ce que j'aime notamment dans la méditation, ce sont les insights que j'en retire, les pensées qui s'imposent à moi (je débute hein...) pendant ce temps de recul, et dont découle tout naturellement un nouvel ordre de priorités dans les actions à entreprendre pour le reste de la journée.
Souvent, ce sont des gens qui surgissent: écrire à X, remercier Y, faire signe à Z, penser à... mais aussi des solutions faciles à des "problèmes" passagers: laisser tomber ce sujet de prise de tête, manger un truc congelé ce soir, s'organiser comme ci, demander de l'aide pour ça, expliquer telle chose aux enfants etc...
Ce qui fait que souvent, à peine le timer retenti, je me jette littéralement sur mon Iphone (il se trouve que le timer est sur mon Iphone) pour ouvrir mon calendrier, envoyer le petit mail qui va bien ou allonger un peu plus ma to do list. On ne se refait pas.

Parfois j'ai vraiment l'impression que grâce à cela, le temps se dilate.
J'ai inventé une petite maxime personnelle au début, pour me convaincre que cela m'était utile et ne pas retomber dans les vieilles habitudes de surtout ne jamais m'arrêter pour être sûre de maximiser chaque minute de ma journée:

                          "Je ne perds pas de temps, j'en gagne."

Et j'en suis intimement persuadée: cette réorganisation un peu magique de mes priorités me permet de droper beaucoup plus de choses secondaires qu'avant, de passer plus de temps sur ce qui compte vraiment pour moi, et d'être finalement plus satisfaite de mes journées et de la manière dont le temps s'écoule.







lundi 18 juin 2012

Positive


En anglais américain, positive veut bien sûr dire positif, par opposition à négatif.


Comme dans Positive Psychology, la très en vogue étude scientifique des forces de l'individu, de ce qui concourt à son bonheur, en lieu et place de ce qui le fait souffrir ou ressort de la pathologie.
Comme dans positive attitude, positive thinking, un peu plus colorés self-help movement que la positive psychology mais très intéressants également à regarder.

Cependant un simple "I'm positive" signifie bien plus que "j'aime la vie, je ne fais jamais la gueule et je gagne à être connue".

Non, on est plutôt dans l'affirmation appuyée d'une information importante: "Oui, absolument, tout à fait, je confirme, je suis sûre de ce que je vous dis."
Je vous renvoie à Jack Bauer,
-"Are you on site? Is he dead?
-Yes I'm on site, he is dead, I'm positive."

L'adverbe positively, lui, peut donc être mis à ces deux sauces.
Cas no 1:
I am positively influenced by the positive experiences i am doing in California.

Cas no 2:







qui pourrait se traduire à peu près par

"Si tu tiens à la vie et à ta gueule, ne fumes pas ici tocard, passes ton chemin."


mercredi 13 juin 2012

Top 5 regrets of the Dying

Mmmhh... scary? Pas tant que ça... Juste utile. Everybody should know this i think.

Ce texte est l'un des plus marquants que j'ai lus cette année. Il est tiré du blog d'une Australienne qui a travaillé pendant des années comme infirmière en soins palliatifs, accompagnant des dizaines de personnes au bout du chemin, chez eux, à leurs côtés pendant plusieurs semaines. Elle a pu constater que ce sont sans cesse les mêmes regrets qui sont exprimés par les personnes en fin de vie. Elle précise aussi que toutes les personnes avec qui elle a cheminé ont fini par accepter ce qui se passait et sont donc parties relativement apaisées.

So, here we go:

1. I wish i'd had the courage to live a life true to myself, not the life others expected of me.

2. I wish i didn't work so hard.

3. I wish i'd had the courage to express my feelings.

4. I wish i had stayed in touch with my friends.

5. I wish that i had let myself be happier.


Si j'osais moi, je me les ferais tatouer...




You find the whole text here:
http://www.inspirationandchai.com/Regrets-of-the-Dying.html

jeudi 7 juin 2012

Blessings

En anglais américain, ou en tous cas ici, en Californie, le mot blessing est totalement laic.

On se bless a tire-larigot (ou La Rigault, je viens de voir ça sur le web).
Bless you! après un éternuement, mais aussi blessings en fin d'email (parfois accompagnés de hugs). 

La bénédiction est ici donnable et recevable par qui n'en veut, en gros. 

J'ai eu quelque difficulté à saisir, ce qui a donné lieu à une situation amusante: une maman ayant déjà deux filles me raconte qu'elle attend un troisième, un garçon, "we are blessed!". Croyant avoir devant moi une coreligionnaire ou à tout le moins une personne versée dans la chose spirituelle, je me mets à demander dans quelle église, dans quelle paroisse... Pas du tout, m'arrête-t-elle tout de suite, nous sommes complètement athés.
Ah.

J'ai retrouvé ce mot dans l'expression "count your blessings", qui peut décrire une pratique comme celle de tenir un Gratitude Journal  : tenir le compte de ce qui, dans la vie, dans la journée écoulée, a bien fonctionné, vous rend heureux. Plutôt que de se coucher en passant en revue toutes les micro-looses de la journée. 

C'est vrai que personne n'aurait l'idée de finir un mail par curses.






More on blessings in this excellent article:
http://www.dailygood.org/view.php?sid=243


Against all odds


Forever 3 year old

"Maman, comment ça se fait que tu te sois mariée avec papa alors qu'on n'a pas le droit de se marier avec quelqu'un de sa famille?"

Groundlessness

"Maman, tu sais, en fait je n'aime plus les pâtes."


Est-ce que c'est ça qu'on ressent quand "le sol se dérobe sous vos pieds"?

mardi 5 juin 2012

Schrink the Universe



Vu au Chabot Space Center, un musée scientifique soi-disant pour les enfants:

Schrink the entire history of the Universe to 1 year, with the Big Bang on January 1st.

The dinosaurs appear around december 24.

The human beings appear in the last 2 minutes of the last day of the year.

Cheers!

vendredi 1 juin 2012

Ouah, you cook your own food?



C'était au tout début.
Une babysitter un soir de semaine.
Je mets en vitesse sur le feu de l'eau à bouillir et je sors un paquet de nouilles.
-"Okay so they can have pasta and yogurt tonight. Any question?
-Ouah, you cook your own food?!!
-..."

What's your name again?

Dans les petites choses que j'essaie de pratiquer consciemment cette année pour entretenir mon happiness muscle, il y a le coup des prénoms.

Peut être est-ce parce que je ne suis pas native speaker, ou bien que j'ai trop de choses en même temps dans le cerveau, toujours est-il que j'ai constaté à quel point j'étais faible en mémorisation des prénoms.

Quand vous en êtes à demander pour le troisième mercredi consécutif le prénom du type assis à côté de vous qui regarde sa fille faire des monkey bars sur le playground pendant que vous-même regardez votre fille faire des monkey bars sur le playground, un certain malaise s'installe. Ou bien quand vous habitez depuis 2 ans dans une rue et ignorez encore le prénom des voisins d'en face que vous croisez au moins 3 fois par semaine, une once d'absurde alourdit l'air. Ou encore, quand vous bavardez 5 minutes sur un quai de Bart avec quelqu'un que vous ne reverrez jamais, vous pouvez être amené à vous demander pourquoi ce prénom-là ne serait pas digne d'être retenu, lui aussi. Gêne.
Mais, de gêne, nous ne voulons point. Au contraire, nous voulons des positive emotions. 
Or, j'ai découvert que connaître et utiliser le prénom de quelqu'un fait généralement très plaisir au quelqu'un en question et me procure à moi aussi une satisfaction profonde, qui va de la certitude d'avoir cette fois encore échappé à Alzheimer à l'impression de passer moins vite à côté de la personne. Let's go for it!

Dans mon petit carnet, celui-là oui, j'ai donc commencé à noter des prénoms dont je me souvenais, et à pratiquer aussitôt leur prononciation. J'en ai une belle collection:
Roselyn, Erik-Sonja-Tiara, Max-Linda, Kelleith, Nobia, Wallick, Queen (trop bien de s'appeler Queen, non?), Marie-Pierre-Rimmelt, Shea, Gregory-Tara-5 cats (là j'ai renoncé à demander des détails), Luz-Tomas-Erik, Peggy....