mercredi 19 décembre 2012

The wall

Ahlala... c'est dur en ce moment d'écrire sur mon blog chéri... trop de mouvement, trop d'interruptions, trop de vitesse et pas assez de pauses... Je n'ose écrire trop d'enfants, je vais avoir les services sociaux après moi... 

Ce qu'il ya  de bien maintenant, cela dit, c'est que quand je me sens moins bien je mets clairement cela au compte d'un certain décentrement
Je connais les méthodes qui me permettraient de retrouver mon milieu...: reprendre du temps pour mes carnets, respirer plus souvent (mais qu'est-ce qu'elle veut dire??), yogatiser plus (mais j'ai un belly qui pousse, cela complique un peu), compter mes blessings à haute voix, s'inspirer de (par)tout, oublier mes to do's... 
De là à les appliquer illico, évidemment il y a  un certain gap. On est humain.

Donc, là, il ya un peu plus Moi d'un côté, Le Monde de l'autre... mmmhhh, mauvais ça. 
Les bouddhistes voient dans le sentiment de séparation la cause principale de la souffrance. 

Encore une fois, je me dis que mes enfants peuvent m'apprendre beaucoup sur cette manière de vivre comme une partie d'un tout, cette capacité à voir la big picture spontanément, à pratiquer la compassion sans même s'en rendre compte, à élargir à ce point le royaume de l'ego qu'il finit par englober tout le reste et donc par ne plus rien signifier par lui -même.

Mes enfants chéris qui sauvent les vers de terre dans le caniveau après les averses, avec les Tupperware et les cuillers du dîner familial. Qui accueillent avec des cris de joie la souris attrapée récemment dans l'un des pièges de la maison: "Youpi!! on a un pet, on a un pet!". Qui disent bonjour et au revoir à tous les chiens rencontrés sur le chemin de l'école. Et qui, à chaque fois qu'ils me voient stressée, me conseillent "Put your hands on your belly, mom, and take 5 deeeep breaths."



Okayyy.




samedi 8 décembre 2012

Todotobe and vice versa...

"- Ca va mon/ma chéri(e), tu as passé une bonne journée aujourd'hui?
- Oui.
- Qu'est-ce que tu as fait (de beau) à l'école aujourd'hui?
- Je sais pas.
- ..."

Trois ans que je fréquente divers lieux qui de près ou de loin ressemblent à une école avec les enfants et trois ans que cette réponse ponctue inévitablement les retrouvailles de fin d'après-midi...

On s'irrite d'abord.
On s'y fait ensuite.
J'en viens maintenant à être carrément jalouse.


Les enfants vont, sont et font interchangeablement, sans plus se poser de question.

Les bienheureux.

mercredi 5 décembre 2012

Good stuff(ed)

Aujourd'hui, la cuisine américaine du terroir s'est encore imposée à moi comme particulièrement inventive.
Venu tout droit de la Louisiane, le Turducken (turkey-duck-chicken) est un plat de fête traditionnellement servi pour Thanksgiving. 

Il s'agit, tout simplement, d'une dinde fourrée d'un canard fourré d'un poulet.

Mmmmhhh... 

Repaissez-vous de cette appétissante illustration, 



puis méditez sur la première phrase de la définition du Turducken dans Wikipedia:

Turducken is a dish consisting of a de-boned chicken stuffed into a de-boned duck, which is in turn stuffed into a de-boned turkey. The word turducken is a portmanteau of turkey, duck, and chicken. The dish is a form of engastration, which is a recipe method in which one animal is stuffed inside the gastric passage of another.

Se sent-on, après l'ingurgitation d'un Turducken, comme après avoir essayé d'avaler un portemanteau? 
Ne peut-on imaginer pousser le vice jusqu'à engastrer une caille au fond du poulet? 



Ne me remerciez pas.

jeudi 29 novembre 2012

Level appropriate

Ahhhh!!
Eh ben voilà, quand on me parle comme à un enfant de 5 ans de choses simples,
je comprends tout!


Le texte intégral de ce petit bijou:

God looks like nothing. And nothing looks like God.
But there are many things you cannot see. And still we know they are there.

Like wind on a summer night,
Or the sun drying puddles of rain.
You know they are there, but there is nothing to see.

Like the long hours until suppertime,
Or the short time of a day at the beach.
You know they are there, but there is nothing to see.

Like the hug in your dad's voice,
Or the happiness in a song.
You know they are there, but there is nothing to see.

Like the love your mom adds to your goodnight story
Or your worry when your dog runs away.
You know it's there, but there is nothing to see.

God doesn't look like anything,
Because there is nothing to see.
But everyone and everything give us clues that God is here.
Clues that point to the One we cannot see.

mardi 27 novembre 2012

Yummy food!

Vous vous souvenez des Curly, ces chips délicieuses en forme de virgule, je crois que c'étaient des cacahuètes soufflées, non?... J'en chipais à l'apéro à chaque fois que mes parents recevaient...

Eh bien j'ai trouvé l'équivalent ici, chouette!

Bon mais de là à m'en enfiler 77 à la suite, quand même...



jeudi 15 novembre 2012

Gold nugget


Life is what's happening while you make other plans.


Yeahhh!! Je ne sais pas qui est l'auteur mais je m'en contrefiche!!

lundi 12 novembre 2012

The international insight

C'est au rayon Pains de mon grocery store habituel, le furieusement tendance Berkeley Bowl, que je l'ai eu, l'international insight, le rapetissement fulgurant du planisphère, la confiscation instantanée de 15 années pourtant si pleines. Devant le Pumpernickel, un pain de seigle très noir dont raffolent les Allemands et qu'ils mangent le soir (Abendbrot) avec des oignons crus, des tomates, de la charcuterie, des Gurken... Mmmhh... 

Mon insight chéri: si je garde en moi autant de cette période actuelle californienne que j'ai sédimenté de richesses lors de mon année (est-)berlinoise (1998-1999), alors je peux être tranquille, cesser de me demander trop souvent ce qu'il restera de tout cela dans 10 ou 15 ans, je peux arrêter de garder trace, je peux stopper ce bloooog!!!! 

Trop sympa ce concert de larmes et de cris. Ca me touche.
Non, pas de panique, je vais continuer, en fait. Je voudrais dépasser les 30 lecteurs, c'est mon challenge.

Mais qu'est-ce qui m'arrive donc quand je suis transplantée à l'étranger, qu'est-ce qui finit toujours par se passer, que je parte de mon plein gré, comme pour l'Allemagne, ou de mon plein mariage, comme pour la Californie?
  
Je ne sais pas, ça a à voir avec des antennes surpuissantes qui me poussent sur le crâne pour sentir le nouveau, des lunettes de petit reporter pour observer les différences avec délices, des préjugés qui fondent comme de la Ben and Jerry's trop tôt sortie du congélo, une difficulté surmontée lentement mais sûrement débouchant sur des joies inconnues jusqu'alors, comme la première bouchée de Pumpernickel quand on n'est pas prévenu, la conscience d'apprendre intensément quelque chose, tout le temps, ahlala c'est bon ça, la fierté de sédimenter de toutes les couleurs, l'audace... 

Il a toujours été clair pour moi qu'il y a eu un avant et un après Berlin dans ma petite Weltauffassung perso.

Je crois que ce sera pareil pour Oakland, CA.




PS 1: Savez-vous pourquoi le Pumpernickel s'appelle le Pumpernickel? non? dommage, c'est rigolo: la légende veut que cela soit le très fin Napoléon qui, étrillant les terres allemandes (ou autrichiennes?), et de passage dans une auberge bien obligée de servir le vainqueur, vit ce pain trop noir sur sa table et le repoussa violemment d'un geste que l'on qualifierait aujourd'hui de snobinard, vous voyez un peu, en s'écriant : "quoi? ce truc, mais c'est bon pour Nickel!", Nickel (ou Nicole?) étant le nom de la monture de l'illustre petit. Il n'avait rien compris. Ou alors c'est moi puisque je viens de vérifier l'étymologie du mot et que Wikipedia (pour ce que cela vaut par rapport à ma prof d'allemand en 6ème) me contredit violemment et dénonce en cette version un roman de gare, ou de guerre.

PS 2: Je sais que je dois apprendre à raccourcir mes phrases. Je le note.

  

jeudi 8 novembre 2012

Just palp it

Let's the f.... be f...ing aware of this, ladies:


Non, ce n'est pas que pour les autres, c'est aussi pour des autres qui sont si proches que ce ne sont pas vraiment les autres, en fait.

Non, on ne remet pas à la Saint Glinglin sa mammo parce qu'on est trop busy.

Non, on ne met pas 6 mois à prendre un rv chez le gynéco, même si personne n'aime aller voir le gynéco.

Non, on ne se dit pas qu'on ne sait pas le faire et que donc on ne le fait pas.


Love


lundi 5 novembre 2012

Will I?

Une étude menée par des chercheurs psychologues de l'Université de l'Illinois a récemment mis en compétition deux groupes de volontaires chargés d'élucider le plus grand nombre d'anagrammes possible en un temps limité. 
Le premier groupe a été soumis à une minute de préparation mentale consistant à se poser la question "Will I?" sous entendu be able to solve some anagrams, how many etc... 
L'autre groupe a été soumis à une tout aussi brève préparation mentale consistant à focuser sur l'énoncé "I will", soit je vais le faire, je vais y arriver, je vais réussir à élucider plein d'anagrammes, je suis une bête d'anagrammes et je l'ai toujours su etc... etc...

Eh bien je vous le donne en mille, le premier groupe a écrasé littéralement le deuxième groupe. 

De quoi parle-t-on ici?
De cet incessant monologue intérieur, le self talk, que nous avons tous parce nous sommes des êtres doués de langage. De la petite rumeur, du commentaire constant qui accompagne chacune de nos actions, et sur lequel nous avons plus ou moins de pouvoir, selon que l'on est un moine bouddhiste ou un ermite du désert, ou bien juste un bipède urbain légèrement busy.

L'étude, poursuivie et enrichie par la suite, montre donc que l'interrogative self talk peut se montrer plus efficace sur la motivation et la performance finale que l'assertive self talk. Le fait de s'interroger permettrait de convoquer la motivation intrinsèque (versus la motivation extrinsèque): celle qui vous rend le juge ultime, et le bénéficiaire ultime de vos actions.

Le fait de laisser les paris ouverts permet peut-être aussi d'apprécier mieux les petites avancées sur la route, de ne ne pas être guidé uniquement par le résultat désiré, final, parfait, d'éviter les déceptions trop importantes lors des plateaux ou des retours en arrière.

Le but est dans le chemin, n'est-ce pas (environ 15 auteurs s'attribuent cette perle de sagesse, ne comptez pas sur moi pour trancher).





Allez, pour la route, quels sont les anagrammes du mot ESPOIR? il y en a 4, dont deux dont j'ignore complètement la signification!!;)

PS: Ce petit billet peut apparaître anti méthode Coué, mais pas du tout, j'aime beaucoup monsieur Coué aussi et je vais d'ailleurs bientôt lui consacrer un post. Ce faisant, je ne serai pas contradictoire ou illogique avec moi-même, j'exposerai seulement la complexité du monde et des flux parcourant ma boite crânienne. Et toc.

mercredi 31 octobre 2012

dimanche 28 octobre 2012

Soften

Il y a un endroit de mon corps auquel j'ai décidé de faire un sort, récemment. C'est l'espace entre mes sourcils.

Je ne parle pas ici d'épilation, ni de Botox, nan nan nan.

Non je parle de cette petite tension énervante qui est perpétuellement nichée sur ce centimètre carré du troisième oeil, là où les indiennes portent leur bindi

Je (on?) suis tellement habituée à cette tension qu'elle ne se fait plus remarquer que par son absence, rare. C'est la tension du yakafaukon, du next step, de la to do list en folie, du J'existe parce que je fais. 

C'est elle, peut-être, qui est responsable de nos torticolis, de nos nuques fatiguées, de nos migraines, de notre verticalité abîmée. Le front toujours un chouia devant le coeur, on ressemble à des tours de Pise pressées. Squattant déjà l'instant qui va venir, on habite peu, finalement, celui qui est là. 

Ce qui est dommage, outre les rides qui immanquablement envahissent la place, c'est que l'état de tension global de notre visage est probablement ce que les autres perçoivent de nous en tout premier. Pas les copains autour d'une bière, hein, plutôt les inconnus dans la rue, ceux qui éventuellement pourraient nous approcher d'un peu près, nous ralentir.

Je me soumets donc parfois à des exercices rigolos pour mieux appréhender mon handicap et l'apprivoiser. Sourire en fronçant les sourcils: challenge; dire bonjour sans sourire, hyper dur, mais faisable. Sens inverse: avoir l'air rogue en détendant totalement cet endroit stratégique, échec constant; ne pas ressentir un certain bien-être dans mon corps tout entier en éliminant cette tension: impossible.

Plus traditionnels, le yoga et la méditation sont des alliés efficaces permettant de lutter en douceur contre ce déplaisant froncement.


mardi 23 octobre 2012

Neuroplasticity

Voilà le nouveau concept qui agite le monde des neurobiologistes. Depuis une bonne quinzaine d'années ce modèle annule et remplace officiellement le modèle précédent, celui d'un cerveau immuablement constitué au sortir de l'enfance, et au mieux capable de s'appauvrir avec les années.

Vu que tout le monde n'est pas au courant de la bonne nouvelle, j'ai décidé de la relayer dans ce blog. N'étant pas du tout du milieu, je demande pardon par avance pour toute grossière approximation ou erreur crasse d'expression. C'est l'intention qui compte. 

On avait déjà constaté que le cerveau, en réponse à de graves mutilations, pouvait surprendre son monde et recréer ailleurs les éléments permettant de rétablir les fonctions abîmées, voire en créer de nouvelles. Il y a cette histoire géniale du type qui termina sa vie avec une barre de fer en travers du crâne, sans autre forme de handicap, mais avec une personalité tout autre et des comportements radicalement différents de ceux auxquels il avait habitué ses proches. 

On avance maintenant sur la capacité du cerveau à répondre et à changer face à un entrainement (training), à la répétition d'une expérience. Moins sanglant, plus démocratique.



Mettons que vous déménagez. Pour vous rendre chez vous depuis votre travail, il n'est plus nécessaire de passer par la place Péreire. Un vrai deuil. Au début pourtant, votre itinéraire de base est tellement présent dans vos neurones que vous vous trompez deux ou trois fois, vous reprenez votre chère place Péreire, celle qui vous a vu grandir. Mais très vite, de nouveaux chemins (neuropathways) vont se créer dans votre cerveau et annuleront ce savoir désormais inutile.

Ces transformations, cette plasticité est observable et mesurable par l'imagerie (et parfois même, paraît-il,à l'oeil nu, si vous disposez d'un trépané sous la main) et concerne à la fois la structure du cerveau (création de nouveaux neurones, évolution de leurs relations entre eux par les synapses, mapping mouvants...) et ses fonctions, ce qu'il peut faire. Ce travail de sculpture ne s'arrête jamais. 

Bon. Pourquoi ça m'intéresse? Parce que cette bonne nouvelle-là nous indique que nous avons une marge de manoeuvre réelle sur nos perceptions, notre manière d'utiliser ce muscle suprême. Exactement comme un biceps, on peut le muscler et le huiler avec une certaine intentionalité. Les adeptes du sudoku comprendront. Si nous agissons consciemment et de manière continue dans une certaine direction, de nouvelles connections se forment up there et ce qui était au départ un exercice devient rapidement (très rapidement, c'est ça qui est bien) une habitude, un réflexe, quelque chose de naturel, d'intégré au sens propre. Donc nous pouvons cultiver ce qu'il nous plait de cultiver (empathie, concentration, odorat, compassion, que sais-je encore) avec la confiance que le changement c'est maintenant. Nous pouvons aussi regarder les habitudes qui nous déplaisent et nous desservent dans nos vies et décider de mettre en oeuvre  des rituels stratégiques pour les supplanter peu à peu par des motifs plus sains. 

C'est bien, non? Oui, je sais. 





PS: Ce post est très ambitieux, je suis épuisée. 
Un autre jour, je vous parlerai des effets observés de la méditation sur le cortex... passionnant. Et je vous raconterai le rôle du Dalai Lama dans l'avancée des scientifiques occidentaux vers des conclusions qui s'approchent de très près des messages centraux de nombres de traditions religieuses ou de sagesse ancestrales. Soyez sages. 

mardi 16 octobre 2012

Bye, kula

Ca devait arriver et c'est arrivé. 

Ce week-end passé était le dernier de mon immersion de yoga, les dernières 10 heures d'un voyage de 108, au sein d'un groupe de 20 personnes d'une richesse inouie. 

Quand je me reporte 10 mois en arrière, je vois mes tergiversations sans fin: ai-je le droit de m'octroyer ce luxe? de laisser ma tribu un week-end par mois? de suivre mon intuition qui me poussait à explorer plus profondément le yoga comme pratique physique certes, mais surtout comme manière de vivre, de ressentir, de recevoir des enseignements millénaires dont l'applicabilité dans la vie contemporaine me semble absolument intacte? 

On a fait du yoga, of course. Chacun d'entre nous partait d'un niveau différent, on a juste avancé ensemble et chacun, on a développé autant que faire se peut une home practice, on a, au fil des mois, essayé de garder au dehors, dans la vie, l'attitude d'ouverture, d'espace, de respiration, de non-jugement qu'on développe sur le tapis .
On a essayé diverses pratiques de pranayama (respiration). 
On a parlé anatomie, nourriture, massage. 
On a médité, appris les techniques du tonglen, de la maitri/meta, du vipassana
On a chanté (kirtan).
On a lu des textes antiques et mythiques, les Yoga Sutra de Patanjali, la Baghavad Gita. On a écouté des histoires. 
On a réfléchi aux concepts de divin, de sacré, d'humain, de générosité, de changement, d'inconfort, de finitude, d' interconnection entre tous et tout.
On a eu des sharing circles, des checks-ins, occasions pour tous de percevoir la variété immense de nos vies et d'apprendre de chacune, pour moi de toucher à nouveau du doigt à quel point la mienne est préservée, jusqu'ici. 
On a partagé nos snacks, piqué des fous-rire, eu les yeux qui piquent parfois. 

Et puis dimanche soir, on a conclu par un superbe potluck ayurvédique, et puis c'était fini. 
A charge à chacun de keep the spirit and the inspiration going. 

On, c'est la kula, la communauté, la famille temporaire que nous avons formée. 

On, c'est Allie, Bud, Angela, Simone, Rena, Melissa, David, Eric, Susan and Susan, Elizabeth, Wuin, Mehl, Sylvie, Lara, Sherri, Diane, Kelly, Cheryl, Andrea, Megan, Fred, Marissa, Ellen, Lynn, moi, les assistants Vadan, Shakti et Debra, et la teacher Kimber. MERCI.


                                                                                         ***


Ca fait new age? yéyé? 70's? Hare Krishna? 
Ben pas du tout, mais alors pas du tout. 
J'ai rarement été plus en prise avec la réalité, ouverte, intéressée, créative, audacieuse, inspirée pour ma vie quotidienne que ces 10 derniers mois. 

Ma plus profonde gratitude va à mon mari chéri, qui a tout simplement permis cela. 


Bye, Kula.


Kleenex.



mercredi 10 octobre 2012

Friendship

J'ai appris des tonnes de choses depuis que je vis ici, notamment sur la connection musculaire entre le coeur et le cerveau, mais une chose résiste. Pire, plus ça va, moins je comprends.

Qu'est ce que ça veut dire ici friendship

Une scène amusante la semaine dernière: je rencontre, pour le boulot, une coach en formation. On parle une heure, stylos en main, agendas sous le coude, sa journey, ma journey, ses input mes input, Strengthsfinder et autres sujets de notre actualité. On conclut par un free trade win-win à mort: elle devient ma cliente pour trois sessions de coaching, je deviens sa cliente pour deux soirées de son workshop sur la Positive Discipline. Au moment de se séparer, elle me lance, tout sourire: 
"Well i am so happy to have gained a new friend!".
Bon j'étais déjà debout donc je ne suis pas tombée de ma chaise, mais j'ai trouvé cela extraordinairement noticeable. 

Il y a quelques mois j'avais aussi eu droit, de la part de ma voisine par ailleurs très agréable, qui me revoyait après la longue pause estivale, à un très aigu 
"Oh my God, I swear, if i were'nt working i would be your best friend!" 
Euh... comment je dois le prendre? Quand elle sera au chomedu elle viendra glander avec moi c'est ça? Je dégage un tel truc que dans une autre vie elle aurait été mon ombre? Je suis larguée. 

A ces anecdotes s'ajoute le sentiment diffus, depuis plus de trois ans que nous regardons (et admirons en beaucoup de points) l'homo californicus, que tout ce qui a trait à l'amitié dans un sens plus traditionnel, s'arrête à la sortie du college ou de l'université. Ensuite, c'est la community qui prend le relais, enfin on dirait. Oui ils voient du monde le week-end, mais c'est un fundraiser pour l'école. On célèbre la première communion du petit dernier, on invite la rue entière. Seulement. Oh you know X? she's a good friend of mine! I did not know she has two kids;)! etc... etc...


Bon, c'est comme tout cela dit, cette incompréhension, c'est une opportunité pour réfléchir deux minutes ou deux ans à ce que soi-même on désire mettre sous ce terme désormais frelaté (peut-être que Google+, avec ses circles, fait un peu mieux que Facebook où on se friende à tout va?):

une texture, une qualité, une extensibilité qui sont des choix très personnels, 
qui n'ont ni à être réciproques ni à être justifiés.

By the way, on peut aussi en profiter pour prendre un petit cours de community building, y'a surement des progrès à faire du côté des Gaulois.

Clac

Tout à l'heure, en plein kiwi : "Maman, combien de temps ça dure la mort?"

dimanche 7 octobre 2012

Sunday evening nervous breakdown

Si d'aventure, vous aussi, en ce dimanche soir, vous êtes très, mais très fatigués...

vous pouvez écouter en douce cette caustique et jouissive chanson, tirée d'un album par ailleurs formidable pour toute la famille...




jeudi 4 octobre 2012

Angela

Incroyable découverte cette semaine sur quelqu'un que je côtoie, sans la connaître bien, depuis 8 mois.

Angela, c'est Angela Davis!!


Reprenons. L'Angela de mon immersion de yoga m'inspirait déjà un certain respect, d'abord elle pourrait être ma mère, ensuite elle me souleverait d'une simple traction du petit doigt de pied, elle a grandi dans le sud ségrégationniste, et elle est allée à Bruxelles récemment recevoir une honoris causa de l'Université Libre. Well, pedigree intéressant. En plus de cela son sourire du bonheur et sa coiffure inédite enrichissent tout simplement de manière unique le groupe de l'immersion... mais qui ne le fait pas. 



Well again, au détour d'une conversation, j'apprends ces jours-ci qu'Angela est un véritable symbole de la lutte pour les droits des Afro-Américains dans les années 60-70 et que, en plus de sa carrière académique comme prof de philo, elle continue de s'engager radicalement pour de multiples causes aujourd'hui, le système carcéral américain étant son premier cheval de bataille. Mais on la trouve aussi dans Occupy en 2011, militante des droits gay, anti death penalty et d'autres causes. 

Angela fut la troisième femme à faire son apparition dans la FBI's 10 Most Wanted Fugitive List pour suspicion de complicité dans un enlèvement suivi d'assassinats perpétré en 1970 par un membre des Black Panthers (qui sont comme chacun sait nés à Oakland, bourgade où je promène ma trentaine en voie d'épanouissement maximal). Elle fut acquittée et libérée en 1972. Elle a longtemps été communiste et a concouru deux fois dans les années 80 pour la vice-présidence américaine. Bref, personnalité radicale s'il en est et not at all consensuelle (sauf dans l'immersion, où elle est juste super sympa).

C'est peut-être puéril, mais moi, ça m'impressionne d'avoir fait mes asanas juste à côté d'elle pendant des mois.
Y'a même les Beatles, les Rolling Stones et à ce qu'il parait Yannick Noah qui ont composé pour elle!



Moralités, elles sont nombreuses:

-Je pense qu'elle va voter Obama.

-What do we know of eachother's past history?

-Il y a des pépites humaines partout autour de nous, qu'importe que nous l'apprenions ou pas, on n'a qu'à se balader comme si on en frôlait tout le temps!

-Il faut vraiment que je trouve un bon bouquin sur le mouvements des droits civiques (civil rights movement) aux Etats-Unis, ça m'intéresse et je ne connais pas assez!

-Je n'ai vraiment aucune culture musicale







More on Angela: http://en.wikipedia.org/wiki/Angela_Davis

samedi 29 septembre 2012

Stickerland

Dans ce pays, le sticker, c'est à dire l'autocollant, est une véritable institution.

Les supermarchés en donnent aux enfants lors du passage en caisse, les visites chez le pédiatre se terminent souvent par un pugilat fraternel pour savoir qui aura Batman et qui Cinderella, la visibilité en voiture est souvent réduite par les mêmes Batman et Cinderella aussitôt collés à tort et à travers sur le premier support venu etc... Sans parler de l'école, premier pourvoyeur de stickers multiples et variés, collés sur le homework (Good job! Star!...) ou plus vicieusement sur les vêtements des enfants (ne jamais mettre au lave-linge un T-shirt avec son sticker dessus, vous perdez les deux, irrémédiablement), voire carrément directement sur le front des bambins. Il faut s'habituer.

Le sticker est aussi très largement utilisé par la population adulte, comme support de convictions et d'autres messages plus ou moins subliminaux. Souvent l'arrière des voitures arbore fièrement ces insignes, comme le corps les tatouages. Etre coincé dans un embouteillage peut donc devenir une expérience assez distrayante. 

Regardez celle-ci, admirablement anti-Bush et/ou bouffe-curé


et celle-ci, pas rare du tout, que l'on pourrait traduire par

"Un futur polytechnicien dans la famille!!"

ou encore par

"C'est bien parti pour une prépa à Henri IV!"


Qu'est-ce qu'on rigole...




mercredi 26 septembre 2012

Expire

Une question me tarabuste: est-ce que tout le monde meurt sur une expiration?

On rend son dernier souffle, on exhale son dernier soupir, on ex-pire...

Bon sang mais est-il donc impossible d'envisager de mourir sur une inspiration?

Pfff... Ca me tue...

lundi 24 septembre 2012

Welcome! emotions

The Guesthouse 

C' est un petit texte très connu de Rumi, poète et philosophe sufi perse du 13ème siècle.
Traduction Coleman Banks

This human being is a guesthouse
Every morning a new arrival:
A joy, a depression, a meanness,
Some momentary awareness comes
as an unexpected visitor.

Welcome and entertain them all!
Even if they're a crowd of sorrows, 
Who violently sweep your house
empty of its furniture,
Still, treat each guest honorable.
He may be clearing out
For some new delight.

The dark thought, the shame, the malice,
Meet at the door laughing,
And invite them in.
Be grateful for whoever comes,
Because each has been sent
as a guide from beyond.

Bad emotions: Invite them in, be with them for a while, but don't serve them diner...



mardi 18 septembre 2012

Invented spelling

Dans la série "set yourself up for success" à l'école, 
la maîtresse de ma fille en 1st grade nous a expliqué lors de la réunion parents-professeur qu'elle n'était pas du genre à épeler les mots aux enfants: ceux-ci sont chargés de faire fonctionner leurs méninges et d'inventer l'orthographe correspondant à ce qu'ils entendent. Cela s'appelle invented spelling.


Voilà ce que ça donne, un cadeau juste comme ça, hier soir, une merveilleuse déclaration d'amour.


A moins que cela ne soit une violente diatribe contre mes chaussures??

lundi 17 septembre 2012

Pay it forward

Il y a une nouvelle tendance dont on parle à droite et à gauche, la gift economy.

Basically, au lieu de vendre, on donne. 
Attention, ce n'est pas du troc: au lieu d'être une relation de réciprocité entre deux personnes, Mr A et Mme B par exemple, comme toute transaction contractuelle impliquant un créditeur et un débiteur, en argent ou en nature, on introduit là un troisième gus, Mr Lucky. 


Mr Lucky marche dans les rues de Berkeley et meuble sa maison avec des trucs et des machins en bon état (on ne se fout pas du monde quand même) qu'il trouve sur le trottoir avec dessus une feuille marquée FREE STUFF.

Mr Lucky passe le Bay Bridge pour aller guincher à San Francisco et au moment où il sort son porte-monnaie pour s'acquitter du prix du péage, 5 dollars, on lui dit "pas la peine monsieur, la voiture d'avant a payé pour vous". Ah??!

Mr Lucky va déjeuner à Karma Kitchen Berkeley, un restaurant indien absolument délicieux dont le modèle économique a essaimé déjà à Chicago et Washington. Là, au moment de payer l'addition, il sait que son repas a déjà été payé par quelqu'un d'autre auparavant (il n'a aucune idée de qui) , lui va se contenter d'offrir un repas à quelqu'un qui viendra plus tard déjeuner ici (il n'a aucune idée de qui et quand). Il peut mettre 5 dollars ou 50 dollars, on s'en contrefiche. 


Au bout d'un moment, Mr Lucky se dit qu'il a envie de jouer aussi, il sort les trucs qui l'embarassent sur le trottoir, il pay forward au péage, il tente un sourire gratos à la voisine qui fait toujours la gueule parce qu'on ne sait jamais elle va peut être du coup en décocher un ou deux dans sa journée, il envisage sérieusement de donner sa voiture quand viendra le moment de s'upgrader, et il écrit même son idée dans un blog public afin d'être moralement obligé de passer à l'action. 


Mr Lucky est devenu un maillon d'une chaine ouverte et infinie de kindness. Au lieu de consommer tout le temps, il contribue aussi de temps en temps. Il trouve cela planant. 





PS 1: j'ai volontairement changé le sexe de Mr Lucky afin de brouiller les pistes.
PS 2: bien réfléchir avant de payer forward aux péages si vous avez des enfants avec vous; ils trouvent cela génial, ce en quoi ils ont raison, et en redemandent tout le temps (ce en quoi ils cherchent à maximiser leur plaisir ce en quoi ils ont encore raison).



Un petit film sur Karma Kitchen, on y voit même ma copine Mariette:)

mardi 11 septembre 2012

Self-compassion versus self-esteem

Une chose est claire: la self-esteem, c'est complètement has been.

L'Amérique s'en est repu suffisamment avant de lentement découvrir les méfaits de la poursuite incessante du 
                              "je me sens bien parce que je suis spécial, et un peu mieux". 

Le problème de la self-esteem, c'est quand les personnes qui la cultivent avec talent se trouvent en situation d'échec, même modeste. Comme la self-esteem requiert à la base une évaluation de sa propre valeur, celle-ci peut chuter en flèche au gré des circonstances. 

Exemple 1: je viens d'être absolument désagréable avec mon mari/ami/fils/boucher/chien/... pour rien, juste parce que cela m'a fait du bien de vider mon sac. Je me sens mal et je vais de ce pas me pourrir ma journée entière. Je vais moins travailler, moins écouter, moins profiter, moins donner... 
Mini chute de la self-esteem sur une journée. Grosses conséquences.

Exemple 2:  Je suis depuis plusieurs mois dans une phase de ma vie bizarroide où je ne sais pas trop quoi faire, où je vais, à quoi je peux être utile, par où commencer. Je ne produis pas. J'ai l'impression que tout le monde le voit. Je n'ai pas grand chose à dire. Chuis nul en fait.
Mmmhhh... assèchement rapide de la self-esteem, spirale négative, grosse fatigue. 
Not good at all.

Un autre problème de la self-esteem, c'est que quand on en a peu, en dépit d'efforts monstrueux et continus, on se sent complètement merdique et inadéquat, on se demande quelle porte on a loupée etc... 


Influencée par le bouddhisme qui place la notion de compassion au centre de sa réflexion, la recherche en psychologie s'est intéressée au concept proche de Self-compassion, une attitude qui se décompose en trois phases

1.   reconnaître/voir qu'on a bobo ou qu'on a du mal avec ceci ou cela 

Combien de fois ce simple constat nous reste-t-il en travers de la gorge? est-ce normal de trouver x difficile, comment ça se fait que je ne progresse toujours pas là-dessus, pourquoi je me sens ramollo aujourd'hui etc... etc...  Accessoirement il peut être utile de constater que très souvent le bobo vient de la satanée et toujours très prompte self-critic que nous trimballons depuis la nuit des temps dans la besace de nos états d'âme. C'est elle qui nous fait mal en fait, pas le fait qu'on a raté...

2.   développer la gentillesse envers soi (kindness)

Aurait-on idée de pourrir un enfant qui apprend à marcher pendant des jours et des jours parce qu'il tombe encore? De critiquer vivement un ami qui a merdé dans sa vie privée et de s'en tenir là, sans lui offrir d'empathie, de compassion, même si dans un deuxième temps? de ne pas rappeler la semaine d'après pour savoir comment ça va? 

3.   se rappeler que tout le monde fait des erreurs

La self compassion développe l'acuité de notre regard sur ce qui est commun à tous, au lieu de chercher à se différencier et à se comparer. J'ai raté, let's face it, watch it, let's forgive myself and move on

La self-compassion a ceci de supérieur à la self-esteem qu'elle permet de trouver une voie plus sustainable d'être en relation avec soi et les autres, moins soumise aux aléas. Elle intervient en force juste là où la self-esteem est réduite à néant: en situation d'échec ou de sentiment d'échec. Elle permet de retrouver pied plus rapidement et de continuer sa route ou sa journée, les yeux grand ouverts pour percevoir toutes les situations d'apprentissage que la vie nous propose.



More on the scientific approach of Self-compassion: Kristin Neff's work and research

jeudi 6 septembre 2012

What do we focus on?

J'adore cette vidéo.

Elle dure moins de deux minutes. Préparez-vous à un Aha moment (j'adore aussi les aha moments)




So, what do we want to count in our days?

What do we want to see in our life?

If we want to see it, we'll see it.

lundi 3 septembre 2012

Learning curve



Voici l'affiche qui trône au centre du tableau blanc de la classe de 1st grade de ma fille ainée (6,5 ans), cette année. 


Que c'est intelligent. Brillant. 


Un chouia contre-intuitif néanmoins, non? 



Je vis une relation complexe avec cet énoncé, pourtant au coeur de la pédagogie élémentaire américaine. 

Depuis mon intervention, il y a deux ans, auprès d'une maîtresse de la preschool au bout de trois mois de retour des feuilles de lettres avec toujours le même N en forme de Z, non corrigé, où elle m'avait ingénument opposé que "no, i won't correct it because this is how your daughter sees the world", depuis ce jour donc, j'ai bien saisi qu'il y avait comme un gap et que visiblement c'était à moi de le franchir. 

Les années passent et nous continuons notre plongée dans le système éducatif local. 
Tout, je dis bien tout, est valuable. Il y a 5 erreurs dans tes deux pages de homework? Qu'importe, good job, sticker. You don't try to be the best you try to do your best. You can do it. Stick to it. Be proud. Awsome.

Ma fille m'aide beaucoup, surtout depuis son année de Kindergarten (l'équivalent d'un CP, à la vraie école), où elle a aquis des réflexes de confiance et de persévérance que je lui envie. Quand on fait un gâteau en suivant pour la première fois une nouvelle recette et qu'il a trop une sale tronche juste avant son passage au four, c'est elle qui me rassure : "Mais maman, c'est la première fois, on essaie, peut-être qu'on va rater et alors? ". La tête sous l'eau à la piscine? Elle va y arriver un jour, oh, eh, il n'y pas le feu au lac non plus, chacun son rythme. Thank you sweetie. You are so right. 

Revenons au 1st grade. A la fin de la première semaine de cours, la maîtresse invite les parents à venir écouter quelques comptines et admirer leur progéniture dans l'environnement qui sera le leur jusqu'au mois de juin prochain. Pour attirer l'attention des enfants et les faire taire, les teachers utilisent souvent des slogans coupés en deux, ils en disent la première partie, les enfants reprennent la seconde en choeur, toute leur attention se mobilise ainsi sur la réponse et juste après ils sont prêts à écouter ce qui va suivre.

Par exemple:
-Go...
-...Bobcats!!! (l'ensemble 3 fois de suite) 
soit Allez les lynx, l'équivalent de la Marseillaise dans l'école de ma fille.

Ou encore, vendredi dernier donc, rien que pour mes oreilles de petite Française élevée au stylo rouge et à l'autocritique:
-Shining...
-...Stars!!! (l'ensemble 3 fois de suite), 
-That's what you are 
conclut l'instit tranquillement, probablement pour l'ensemble des présents. 





mardi 28 août 2012

Twist + N

Je viens de réaliser l'infinitésinorme différence entre les énoncés presque jumeaux:


                           J'ai deux minutes à perdre

                                          et

                          J'ai deux minutes à prendre.


Je sais, ma vie est délirante.

Find a massage therapist

-" Bon les enfants soyez sympas, ce soir je suis fatiguée. D'ailleurs j'ai mal au dos.

- Attends maman, allonge toi, je vais te faire un massage de la colonne vertéGraal."


... scrumptious.

dimanche 19 août 2012

Back


Eden, 19 ans, rencontrée sur Chabot@College.

Au moins c'est clair.







Plus sur ce mot et son histoire : http://en.wikipedia.org/wiki/Queer 

vendredi 13 juillet 2012

jeudi 12 juillet 2012

Gratitude Journal


Au tout début de mes recherches en science du happinessmuscle, j'ai bénéficié d'un coaching excellent sur le test Strengthsfinder. L'occasion pour moi de faire un point un peu construit sur mon sentiment de vivre trop vite, pas assez engagée dans le moment et sur ma capacité à voir le verre à moitié vide quand dans le même temps il est à moitié plein. 

Karen, c'est le nom de ma coach, m'a entre autres petits trucs et idées demandé de commencer à tenir une liste à partir de la question What makes you feel joyful? in my day, in my week, in my head, in my body etc... etc... Très intéressant. 

Un peu plus tard, j'ai rencontré le concept de Gratitude Journal, soit la même idée de lister, de manière concise, What makes you feel grateful? Grateful for, grateful to, or just grateful period. 
Les chercheurs en psychologie positive ont prouvé par de nombreuses études la coréllation significative entre l'expression régulière de la gratitude (letter, visit, journal... ) avec le bonheur ressenti et le sentiment de satisfaction dans sa vie. Et ce non dans la seconde, mais à moyen et long terme.  

Ne soyons pas neuneu: il y a des jours où c'est beaucoup plus dur que d'autres. 
Oui mais qu'est-ce qu'on s'ennuierait ici-bas sans un peu de challenge, non? donc, on cherche, on trouve. 
I am grateful for the nice weather. I am grateful because i did not loose it this afternoon on the phone with my health insurance company although i really could have etc... etc... 
C'est comme tous les skills, plus on pratique, meilleur on devient. 

Au bout d'un moment, ça se colle même sur un cv.





PS 1: toute ressemblance entre le fonds d'écran de mon blog et la toile cirée de ma table de cuisine sur laquelle sont posés mes carnets est totalement fortuite, je m'en rends compte aujourd'hui. Mais je prends ça comme un signe, clairement.

PS 2: i know, these notebooks are just gorgeous. The brand is Paperblanks...

mardi 10 juillet 2012

Neo what?

L'une des teachers travaillant dans la preschool de mon fils de 3 ans s'est mariée récemment. Lorsque je l'ai su je suis allée lui présenter mes voeux et lui ai posé quelques questions sur la journée de fête. Elle m'a dit qu'elle était neo pagan, neo païenne donc, et s'était mariée dans ce rite. 

Ce qui doit donner à peu près ça:


Fun, non? 

C'est vrai qu'elle a un pur look, souvent une plume dans les cheveux, une garde-robe improbable tendance moyennâgeuse, et surtout elle consacre un temps très important à ramasser vers de terre, coccinelles et autres lentes pour les observer avec les enfants naître, vivre et mourir. Depuis son arrivée à l'école, il y a aussi tout un potager qui a pris forme, dont les enfants s'occupent quasi religieusement. 

Autant de raisons pour que je sois profondément reconnaissante à Diane (c'est son nom, déjà tout un programme) pour cette ouverture nouvelle et l'atmosphère sympathique qui s'est installée dans la petite école depuis septembre dernier. 

Alors oui, ce jour-là, je ne vais pas dire que je n'ai pas été un moment poussée hors de ma comfort zone
Dans mon cerveau, il y a eu tout de suite un slide "sorcière", immédiatement suivi d'un autre "est-ce que ça me dérange?" chassé à vive allure par un dernier "non." Ouf.

Ca me fait penser à cette citation entendue pendant un cours de yoga. Je crois qu'elle est de Krishnamacharya:

Your lord, my lord, never mind. Just make sure you bow before something." 






Quelques détails sur le néo-paganisme et autres religions ésotériques rigolotes: http://library.thinkquest.org/28111/the.htm

lundi 9 juillet 2012

Feeling local


Il y a des moments où mon ego est tout content de la phrase ou locution que je viens de sortir. Ca gonfle et ça chauffe, j'aime bien.


Dans ces moments-là, s'il n'y avait l'accent, les fringues Cyrillus des enfants et le fait que parfois je réponds "not so good " à la question "how are you?", je pourrais presque passer pour une locale...



Comme par exemple quand je salue un groupe de femmes d'un sompteux         "Hi guys!",

ou que j'arrive à hululer mon "awwsooome" juste comme il faut, avec la mâchoire bien décrochée, les dents apparentes dans le sourire ultra bright et au moins une octave entre la première et la deuxième syllabe.

Ou quand je place ces sommets de l'imagerie langagière américaine

"Oh my, it sucks!"
:(((

"Oh my, it rocks!"
:)))

Et celle-là, mais celle-là je n'ose pas encore la faire:
"We'll have you over soon, i promise, ok?"

Punishment



Tu voulais de la salade au lieu des frites?

Too bad...

dimanche 8 juillet 2012

Yoga to life

Petites phrases entendues pendant mes asanas,
souvent transposables à plein d'autres domaines:)



In yoga we bow a lot.

Rest.

Breathe.

Pause.

Open.

Reach out.

Turn your focus inwards.

Less eyes.

Come back to center.

Be mindful.

Feel your feet, feel your foundation.

Give yourself credit for what you have accomplished.


To be continued...

jeudi 5 juillet 2012

Strengthsfinder



En septembre 2011 j'ai eu l'occasion de faire le Strengthsfinder test et surtout de bénéficier de quelques séances de coaching pour mieux en tirer les bénéfices. J'ai énormément aimé ce travail et je le recommande chaudement.

Strengthsfinder est un test d'une demi heure faisable online, pour une somme très modeste.
Il existe aussi des livres qui sont vendus avec un code permettant de prendre le test online gratuitement (puisque vous avez acheté le livre).

Son histoire, brièvement: il est fondé sur plusieurs décennies de recherches sur la question du leadership et du succès menées par le professeur de psychologie Donald O. Clifton, qui dans les années 50, de manière iconoclaste, décida de se pencher dans sa thèse sur ce qui fonctionne bien dans la psychologie de l'être humain. Ce précurseur de la positive psychology, adoubé d'ailleurs en 2002 par l'American Psychological Association "Father of the Strengths-Based Psychology" a ensuite développé à partir des années 90 au sein de la firme de consulting en ressources humaines Gallup le Clifton Strengthsfinder.

Retour à l'écran: vous êtes exposé pendant 30 minutes à une grande variété de questions et devez vous situez en 30 secondes par question sur une échelle à 5 graduations du type "me correspond tout à fait" à "ne me correspond pas du tout". On vous demande donc le premier et non le deuxième effet Kiss Cool. Pas question de (trop) ratiociner. Je recommande de coucher enfants et conjoint éventuels, éteindre la musique, débrancher l'Iphone etc...

Vous en ressortez avec 5 forces principales, qui vous surprennent ou non, et qui sont autant de domaines à renforcer...
C'est là que ça coince: si je suis déjà bonne là-dedans, pourquoi continuer à affiner? il y a tellement de domaines où je suis nulle, genre la peur des chiens et des araignées, la patience, le vélo!

Justement, vous rétorque la recherche, il est démontré que les gens les plus successful, inspiring, and somehow happy, sont ceux qui passent le plus de temps possible (80%!!) à renforcer leurs forces au lieu d'essayer de parer à leurs faiblesses. Et ce n'importe où, au bureau, en famille, dans la community etc...
Comment, dans ces domaines pour lesquels vous avez une prédisposition, exercer votre créativité, renforcer votre excellence, vous mettre au service des autres etc...?  Passionnant! 
Comment changer de vie sans changer de vie? Canon! 

Mes 5 forces (mais j'en parlerai une autre fois, j'en vois qui s'endorment):
1. restorative   2. input   3. intellection   4. empathy  5. learner



Take the test here (in whatever language)  http://www.strengthsfinder.com/home.aspx but make sure you don't move on with your results like this... work them out, find coaching, read etc...

Oh yes, i always forget this one!

It is not because you think it that you have to believe it.

Oh yeah.

mardi 3 juillet 2012

Blogging and humility

Cela fait presque deux mois que j'ai commencé à écrire sur ce blog et j'y prends un plaisir fou.
Cela me permet de synthétiser, de garder trace. De dire ce qui me semble important.

C'est assez enivrant d'avoir (enfin!) quelque chose à dire.

Bon.
Mais.
Plus vite que ce que je pensais, l'envie d'être lue s'insère dans ma tête!
Les posts sur ce blog, ceux que j'ai déjà rédigés, ceux sur lesquels j'ai un feed back, tous ceux qui habitent ma tête, sont en train d'envahir ma méditation quotidienne! Ils sont en train de remplacer la bouffe en numéro 1 dans la top 5 des most invasive thoughts during meditation (il faut que je fasse un post là dessus je sais)...
C'est la cata!
Ou pas.

En tout cas, c'est une question sérieuse qui se pose: celle de l'humilité.
L'humilité est bonne pour la santé. C'est clair.
Son opposée, l'inflation du cours de l'Ego, est pernicieuse.

Or est-ce humble que de désirer être lue?

ffff, épuisant....

Je vais essayer de hold it. Be with it. See what comes.




More on ego and co: check out the first half of Eckhardt Tolle' book: A new earth 

lundi 2 juillet 2012

Pause





Ashby@College avenue, Berkeley, CA.


I love this country.

No doubt

" The contrary of faith is not doubt, it's apathy. "

Coooool. L'apathie ça n'a jamais été mon truc anyway.

C'est pour ça que j'aime bien les conversations sur la spiritualité, pour ces petites perles rassurantes que l'on peut emporter chez soi et regarder de près.

jeudi 28 juin 2012

Important but not urgent

J'ai vu pour la première fois ce tableau simplissime dans mon cours de Positive Psychology à Berkeley, cet hiver. Je l'aime parce que je le comprends.
Il est tiré du livre de Stephen R. Covey, The 7 habits of highly effective people, une référence depuis une vingtaine d'années dans la catégorie self-help books sérieux.


L'idée est que dans toute vie ou presque,
  la case 1 est inévitable et peut prendre une importance délirante;
  la case 3 est celle de l'illusion, où l'on croit que c'est important, mais en fait non, et on y passe sa journée: celle qui rend malheureux; 
  la case 4, sympa au premier abord, peut très vite être déceptive et angoissante; 


et que la case 2 est trop souvent la dernière roue du carosse, celle qui se fait toujours doubler par l'une des trois autres.

Après avoir trop dilapidé d'énergie et de temps dans la réaction immédiate aux évènements et la gestion matérielle de la vie de ma famille, j'ai réalisé récemment à quel point déplacer le curseur vers la case 2 peut apporter de satisfaction.
Une seule chose par jour réalisée dans cette case me donne une énergie folle. 
Une priorité sans dead line: un coup de fil, un message, un sourire, un temps de repos, un temps de planification un peu long terme, un truc superficiel pour booster le moral, un temps consacré à un seul enfant, une soirée en amoureux, forwarder un article intéressant...


Comme le temps n'est a priori pas extensible, il faut souvent renoncer à des petites choses des cases 3 et 4 pour passer plus de temps dans la case 2. Je trouve que c'est finalement assez facile et surtout naturel, une fois que l'intention est bien présente dans mes journées.

mardi 26 juin 2012

Reverse collection

La paroisse Saint Augustine d'Oakland, celle à laquelle nous pensons tous les dimanches au réveil et où nous nous rendons effectivement une poignée de dimanches par an à la messe, a lancé une initiative auprès de sa communauté pour construire un dortoir pouvant loger une cinquantaine d'orphelins de parents décédés du HIV au Kenya (Tonga project). 

Coût estimé à 65000 dollars. 
Construction arrêtée à la dalle de béton depuis plusieurs mois pour manque de ressources.


Le prêtre a décidé de faire une reverse collection
le dimanche 26 février 2012, au moment de la quête, ont ainsi été distribuées aux personnes qui se trouvaient là
400 enveloppes contenant chacune entre 15 et 100 dollars

12500 dollars ont été confiés ainsi, à charge aux paroissiens de les faire fructifier comme ils l'entendraient.
De petites initiatives sont nées un peu partout: lemonade stands, yard sales ou soirées avec appel à donations etc... etc...


90 jours plus tard, retour des enveloppes avec 73000 dollars dedans... Goal reached!


Le sermon du dimanche de Pentecôte fut consacré à la force de l'Esprit (et du dollar) et pour une fois je voyais drôlement de quoi il s'agissait! 


Cela me
1) transporte de joie
2) transporte d'admiration pour cet esprit si pratique
3) donne confiance en l'être humain
4) fait dire que vraiment tout est possible quand on est créatif et motivé.



More about this project here:

The done list

Aujourd'hui j'ai réuni mes diverses to do lists, celles qui trainent devant le pc, celles aimantées au frigo, celle de la voiture, celle des toilettes etc... et j'en ai fait une superbe, toute neuve, sans rature!
Ca y est, ça peut recommencer!!


J'ai bazardé les vieilles. Mais c'est idiot. On devrait tenir à nos done lists autant qu'à nos to do. On devrait les bichonner elles aussi, les remettre au propre, supprimer tous les items non faits...

C'est toujours cette vieille histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide en fait...

Rrrrooooo la sagesse populaire, on n'a guère fait mieux.


samedi 23 juin 2012

I do have time

"Je n'ai pas le temps" est peut-être l'une des phrases que j'ai le plus prononcées ces dernières années. Jusqu'à récemment, cela me semblait tout à fait normal. Rappel: -j'ai de jeunes enfants. -Ah ok. -Je ne travaille pas. -Ah bon, ben alors?? je vous arrête tout de suite et vous conjure d'essayer, on en reparle après.

Bien.

Il y a quelques mois je me suis mise à flipper encore plus que d'habitude en me disant que peut être que j'allais mourir la semaine prochaine et que j'aurais passé ma vie à dire "je n'ai pas le temps". Pas le temps de lire, de réfléchir, de faire du sport, d'aimer mieux et plus etc... Impossible.
J'ai instillé dans ma vie quelques changements bénéfiques, entre autre une pause quotidienne, qu'il pleuve ou qu'il vente, de méditation, recentrage qui m'est devenu indispensable.

Ce que j'aime notamment dans la méditation, ce sont les insights que j'en retire, les pensées qui s'imposent à moi (je débute hein...) pendant ce temps de recul, et dont découle tout naturellement un nouvel ordre de priorités dans les actions à entreprendre pour le reste de la journée.
Souvent, ce sont des gens qui surgissent: écrire à X, remercier Y, faire signe à Z, penser à... mais aussi des solutions faciles à des "problèmes" passagers: laisser tomber ce sujet de prise de tête, manger un truc congelé ce soir, s'organiser comme ci, demander de l'aide pour ça, expliquer telle chose aux enfants etc...
Ce qui fait que souvent, à peine le timer retenti, je me jette littéralement sur mon Iphone (il se trouve que le timer est sur mon Iphone) pour ouvrir mon calendrier, envoyer le petit mail qui va bien ou allonger un peu plus ma to do list. On ne se refait pas.

Parfois j'ai vraiment l'impression que grâce à cela, le temps se dilate.
J'ai inventé une petite maxime personnelle au début, pour me convaincre que cela m'était utile et ne pas retomber dans les vieilles habitudes de surtout ne jamais m'arrêter pour être sûre de maximiser chaque minute de ma journée:

                          "Je ne perds pas de temps, j'en gagne."

Et j'en suis intimement persuadée: cette réorganisation un peu magique de mes priorités me permet de droper beaucoup plus de choses secondaires qu'avant, de passer plus de temps sur ce qui compte vraiment pour moi, et d'être finalement plus satisfaite de mes journées et de la manière dont le temps s'écoule.







lundi 18 juin 2012

Positive


En anglais américain, positive veut bien sûr dire positif, par opposition à négatif.


Comme dans Positive Psychology, la très en vogue étude scientifique des forces de l'individu, de ce qui concourt à son bonheur, en lieu et place de ce qui le fait souffrir ou ressort de la pathologie.
Comme dans positive attitude, positive thinking, un peu plus colorés self-help movement que la positive psychology mais très intéressants également à regarder.

Cependant un simple "I'm positive" signifie bien plus que "j'aime la vie, je ne fais jamais la gueule et je gagne à être connue".

Non, on est plutôt dans l'affirmation appuyée d'une information importante: "Oui, absolument, tout à fait, je confirme, je suis sûre de ce que je vous dis."
Je vous renvoie à Jack Bauer,
-"Are you on site? Is he dead?
-Yes I'm on site, he is dead, I'm positive."

L'adverbe positively, lui, peut donc être mis à ces deux sauces.
Cas no 1:
I am positively influenced by the positive experiences i am doing in California.

Cas no 2:







qui pourrait se traduire à peu près par

"Si tu tiens à la vie et à ta gueule, ne fumes pas ici tocard, passes ton chemin."


mercredi 13 juin 2012

Top 5 regrets of the Dying

Mmmhh... scary? Pas tant que ça... Juste utile. Everybody should know this i think.

Ce texte est l'un des plus marquants que j'ai lus cette année. Il est tiré du blog d'une Australienne qui a travaillé pendant des années comme infirmière en soins palliatifs, accompagnant des dizaines de personnes au bout du chemin, chez eux, à leurs côtés pendant plusieurs semaines. Elle a pu constater que ce sont sans cesse les mêmes regrets qui sont exprimés par les personnes en fin de vie. Elle précise aussi que toutes les personnes avec qui elle a cheminé ont fini par accepter ce qui se passait et sont donc parties relativement apaisées.

So, here we go:

1. I wish i'd had the courage to live a life true to myself, not the life others expected of me.

2. I wish i didn't work so hard.

3. I wish i'd had the courage to express my feelings.

4. I wish i had stayed in touch with my friends.

5. I wish that i had let myself be happier.


Si j'osais moi, je me les ferais tatouer...




You find the whole text here:
http://www.inspirationandchai.com/Regrets-of-the-Dying.html