mardi 17 octobre 2017

Worry/Inquiétude

Derrière, les enfants luttent avec le concept de leur rientude.

"-7 milliards, maman, c'est ça? 7 millions ou 7 milliards, déjà?

-7 milliards mon chat. Et encore hein, quand j'avais ton âge, on n'était que 5 milliards.

-... 7. C'est beaucoup c'est sûr.

On arrive, je dépose deux de mes kiddos à l'école élémentaire, et on repart illico à la maternelle, dans la ville d'à côté.

Derrière toujours, ça cogite sec, à 4 ans et demi.

-7 quoi déjà?

-Milliards, coco.

Pause neuronale. 

-Et t'as bien compté Lucas et moi, maman?"





C'est joli hein?
***
Et si, pour mes 40, qui me foncent dessus cet automne, je me remettais à écrire ici? Ce serait comme un cadeau de moi à moi. Mmmmhhhh, faut pas que j'oublie... où est ma liste?!!!!


vendredi 13 novembre 2015

Friends: oh yes, I do remember!

Je me suis inscrite aux challenges inspirants de Christie Vanbremeersch. Christie est l'auteur du blog www.mavissansmoi.com que j'ai déjà eu l'occasion de louer ici.
J'aime bien ce qu'elle fait, Christie. Je crois qu'elle essaie (nous sommes nombreux) de ne pas avoir besoin de plaire à l'un ou l'autre. Elle essaie d'écrire et d'être qui elle est, juste ça. Je nous crois assez proches pour pénétrer, peut-être imprégner nos galaxies l'une l'autre, et assez différentes pour conserver une distance amusée et curieuse, saine.

Or doncques, le premier challenge est le Challenge Vive les Amis. Je reçois tous les jours un petit mail dans mon inbox avec une citation et un aiguillon à pensée. Aujourd'hui l'aiguillon ne m'a pas lâché, j'adore, pendant toute la douche, tout le petit déjeuner, ça m'a dansé dans la tête:-)

Alors voilà, je l'emprunte et je vous le transmets, et puis après, je joue.

Aujourd'hui, écris tes souvenirs d'amitié sous la forme de 10 je me souviens. 

***

Je me souviens d'Anne-Laure, mon amie de primaire, de sa maman très forte et très rigolote qui nous balançait en l'air et nous chatouillait, et de son papa archi sérieux, par contraste; de mon premier Paris-Brest pour aller la retrouver, en 6ème, après son déménagement; de ma joie lorsque par recoupements, il y a 10 ans, j'ai compris qu'elle était dans le coin, dans notre coin, revenue! de la lettre que j'avais écrite et des numéros de l'avenue de Wagram que j'avais arpentés, pleine d'espoir, à la recherche d'un nom de famille approximatif et particulé. En vain. Je n'ai bazardé la lettre que des années plus tard. Anne-Laure Jeannin, petite. Si jamais...

Je me souviens des sizenières de Saint François de Sales, Bérengère Redier je crois et Geneviève de Montchalin, celle-là j'en suis sûre, son rire explosif, son énergie de Jeannette en folie, mon coeur crashé quand j'ai compris qu'on ne serait pas ensemble aux Guides.

Je me souviens de Potsch, en chemise rose suspectement longue m'accueillant en gare de Toulon, sourire énorme, "je suis enceinte tu sais". J'avais 18 ans et je rendais visite à ma meilleure amie et à son mari. J'ai compris sans comprendre et continué de lentement accepter l'éloignement tectonique des plaques de la vie (ouaip, j'ai envie d'écrire ça), jamais coupé cependant, jamais brisé, le lien.

Je me souviens d'Etienne, les conversations, les déguisements, les bouquins. Le Poche en poche, toujours, le manteau aux chevilles, les cafés dans le 5ème. Le 01 42 26 26 73 encore là 25 piges plus tard, en réflexe, au bout de mes doigts.

Je me souviens de CharlotteetDavina, le trou. Parce que les ruptures amoureuses, on s'y attend, les ruptures amicales, beaucoup moins.

Je me souviens des yeux chavirés d'Agnès, un matin à Courbevoie, son papa qu'on emmenait.

Je me souviens de Mimi, de sa grande jupe jaune du premier jour, de son doux "moi je vais aller à paris 3, tu viens?", du livre qu'on a voulu écrire, de celui qu'on écrit finalement, ce brocard d'une richesse inouïe qu'on exposera peut-être dans plusieurs siècles dans un musée de l'amitié.

Je me souviens de Lolo, rencontrée sur le quai de Cergy-Préfecture, de la colloque et des pâtes en forme de zizi qu'on lui avait offertes à son anniversaire.

Je me souviens de Magali, du lent creusement du sillon de cette amitié adulte et expat', vraiment adulte, c'est différent, jusqu'au moment où je me suis dit tranquillement, ça y est, je crois que j'ai trouvé à qui je vais demander d'être la marraine de mon dernier.

Je me souviens d'Auré et Isa entonnant un chant de louange en plein milieu d'un pic-nic à Lassen, out of nowhere, juste parce que c'était trop beau et trop bon pour ne pas dire merci.

Je me souviens de celles qui sont rentrées et qui vont m'aider à rentrer, hein les filles?

***

10. Déjà. Zut. Merci Christie! Et vous? vous jouez? ça rend tout chose et ça fait tout chaud.


dimanche 8 novembre 2015

Work-kids balance

"Je n'en peux plus de courir après ce foutu équilibre vie pro-vie perso", me lâche ma copine, crevée, à la sortie du cours de yoga. 

Work-life balance, dans le texte. Tout un programme, et qui dissimule pour beaucoup de femmes (beaucoup de celles avec qui j'interagis en tous cas, y compris ma pomme, j'interagis souvent avec ma pomme) le challenge dans le challenge: work-kids balance













Sur le parking, du coup, on a refait ensemble cette petite expérience rebattue que j'ai apprise pendant ma formation de coaching. Allez, on la fait? 

Simplissime: mettez-vous sur une jambe, et voilà. C'est tout. Allez, essayez. On se donne une minute, ok? 
Ne cherchez pas à faire joli avec l'autre jambe, maintenez-la en l'air, point barre. 


La plupart d'entre nous, avec un chouia de concentration, sont parfaitement capables de tenir une minute ou plus sur une seule jambe. Seulement, si vous prenez la peine de vraiment observer et ressentir ce qui se passe pendant ladite minute, en réalité c'est une succession d'ajustements, de rééquilibrages, de déplacements de poids, de pendulationnement avec les bras, ça demande un effort constant! C'est ça, l'équilibre, en fait, c'est une incessante lutte contre le déséquilibre. L'équilibre ça bouge tout le temps, ça ne s'attrape pas, c'est du In and Out perpétuel, à coup de mini changements à droite à gauche. 
Un certain sens de l'humour peut aider, au vu des positions corporelles bizarroides dans lesquelles on peut parfois se retrouver, à vouloir à tout prix éviter de reposer le pied levé. 
La pratique du yoga, également, peut aider, n'est-ce pas, la fameuse tree pose (pose de l'arbre? je n'ai pas pris un cours de yoga en français depuis des années...). Mais ne vous y fiez pas! même le recordman du monde de la tree pose dont je vous mets gracieusement la video ici, ne me remerciez pas, même lui donc n'arrête pas de lutter contre le cassage de gueule, et à la fin, simple humain imparfait qu'il est, ben il pose le pieeeeeed.  

Voilàààààà. C'était la minute philo. Got it? 




PS: J'ai bien conscience que si je voulais exploser mon nombre de lecteurs je devrais mettre une video de moi en train de jouer au flamand rose, là. Je sais. Le vlog, c'est in. Un jour, peut-être...


jeudi 5 novembre 2015

Dwarfisation/ Nanification

L'autre matin mon coco de 2,5 ans a massacré mes lunettes, de vue, sciemment, en me regardant, à 7h15 du matin, un dimanche en plus, juste comme ça, parce que ça plie et rompt, les branches de lunettes.
J'étais très énervée. Même que les larmes me sont montées: je suis myope comme tout, je n'aime pas chausser mes lentilles dès le matin et encore moins être obligée de les porter plusieurs jours consécutifs... Et puis ce sont mes lunettes, sur ma table de nuit, c'est mon dimanche matin, puis-je avoir un peu d'intimitééééééééé à la fin????
Après avoir tancé - vertement- l'enfant, je me suis recouchée. J'ai ouvert Le Monde sur mon dumb phone (tout frais pour vous, la dernière blague over drôle des enfants en elementary school ici: "hey t'as un smart phone ou un dumb phone maman? ". On s'éclate.) Or doncques, je vaque sur l'app, et je choisis un article sur le Soudan. Mes lunettes, le Soudan. Le Soudan, mes lunettes. Nanification immédiate de la lunette. Of course. Tentation violente de haine de soi. Abandon rapide de cette option  au vu qu'elle représente une gigantisation de l'ego, et que l'ego est prié d'aller se faire voir par rapport au Soudan.


L'App fermée, je me lève, et je me bouscule, et je vais prendre le petit déjeuner avec ma famille. Magnanime, j'embrasse comme du bon pain le morveux penaud. Je décide de garder pour moi la nanification soudanaise, mais j'ai quand même envie de placer la journée familiale sous un signe, un signe euh... un signe quoi. Donc je prends le livre de citations que l'on a dans le breakfast nook, et je l'ouvre à la page du jour, le 1er novembre. Et je lis, sans mes lunettes, à ma marmaille tout ouie:

The art of being wise is the art of knowing what to overlook. 





C'est ce livre, by the way. Vraiment bien.




PS: to dwarf, en anglais, intraduisible, sauf par moi, nanifier. J'adore. C'est tellement parlant. Je l'ai entendu utilisé par un entrepreneur à succès devenu papa quelques jours auparavant: "It really dwarfs everything else", avait-il dit au sujet de son petit. It sure does.